dimanche 29 mars 2009

Pèlerin sans église, Jean-Claude Bourlès


Dos de la couverture :

« Je ne suis pas parti que la confusion, déjà, s’installe dans mon esprit. Pourquoi suis-je ici, sur ce chemin de foi reconnu et sanctifié par trois religions monothéistes, alors que je ne crois ni ne pratique en aucune confession ? Un pèlerin sans foi et sans Église ! Plus modestement, un agnostique qui, rompant l’immobilité de la nuit, se met en marche vers un rendez-vous où personne ne l’attend. »

Il est question

de questionnement
de lieux
de soif de foi
de révolte
de marche
de chemins
d’intinéraires
de vie...

Un voyage ? Le voyage de la vie ?


Un chapitre :

Abbaye Saint –Martin de Mondaye. Je voulais donc voir l’Apôtre, et rencontrai son buste dans la cathédrale en liesse. En s’achevant sur les terres de Galice, mon périple ne faisait en fait que commencer. Connu et partagé par tous mes confrères en chemin, le difficile apprentissage du retour m’attendait dans l’ultime leçon d’un enseignement dont je n’avais peut être pas retiré toute la quintessence. Chemin de foi ou itinéraire spirituel, le pèlerinage s’apparente à une ascèse par le dépouillement dans lequel se plonge volontairement le peregrino. Un dépouillement menant rapidement au dénuement, ne serait ce que par la teneur de la démarche qui ne peut s’encombrer de charge ni de surcharge. Dénuement matériel donc, selon la règle « Allez sur le léger », formulée par les évêques aux passants du Moyen Âge, dépouillement par l’abandon de sécurité et de confort, autant que par acceptation des risques encourus, cette « mise à merci » déjà évoquée. Même limité dans le temps, cette ascèse n’est pas sans laissé de traces chez l’individu qui, confronté aux différentes adversités du chemin, modifie sa perception du monde et les règles régissant son existence. Pas plus qu’un autre – et peut être moins- je ne pouvais échapper à cette constante du retour. Décidant de « vivre autre chose », je concrétisais en fait le projet longtemps caressé de vivre « libre » en rompant avec un système au sein duquel j’évoluais dans une contradiction de plus en plus lourde, entre le discours tenu et la réalité d’un vécu confortable. Bien que ses lignes puissent y faire penser, je ne suis pas à l’heure des bilans, mais si tel était le cas, je dirais, que cet aller vers Compostelle agit comme une révélation. Un acte connaissance de cause, que cet aller vers Compostelle agit comme une révélation. Un acte conséquent et décisif dans plusieurs domaines, dont celui de l’approfondissement personnel. A mon retour, les dés étaient lancés. Ca fameux coup de dés qui, selon Mallarmé, « jamais n’abolira le hasard », et pourtant…Touchant au but, le chemin ne faisait que commencer. Je le savais. Au point de saluer l’Apôtre trônant au portique de la gloire d’un retentissant « Hasta pronto, Senor », avant de m’en retourner chez moi. Ne pas tenir promesse eût été se parjurer. Je revins donc, tout simplement.
Ceci est une autre histoire, mais est-elle si différente de celle de mes compagnons de chemin ? J’en doute. Sinon la lumière, la pause, ou l’illumination, que chercheraient-ils ces perigrinos navigant à vue sur ces chemins de vérité ?

Extraits :

« Où commence et où s'achèvera lechemin ouvert (...) au sortir de la cathédrale du Puy-en-Velay ? »
« C'est bien ce choix qui me fascine (...), cette marche à merci d'hommes et de femmes, de tous âges et de toutes convictions, décidant de rompre le rythme de leur vie quotidienne pour faire le point avec eux-mêmes, revivifier leur foi, que sais-je encore, en marchant plusieurs semaines ou quelques mois sur des chemins de haute solitude. »
« En fait, je veux tout. Tout voir et tout comprendre (...). Aurai-je bientôt fini de naître ? Quelle naissance ou renaissance ? Je me le demande comme on sollicite une orientation ».
« Es-tu croyant, ou crois-tu croire ? Très honnêtement, je ne peux aujourd'hui me dire croyant alors que je bute sur les dogmes et refuse une partie du Credo. Mais aussi sincèrement, oui, j'aimerais croire. Quel chemin reste-t-il à parcourir au pèlerin sans Église, pour relier ces deux antagonismes ? ».

Jean-Claude Bourlès termine son livre en reprenant les derniers mots bernanosiens du petit curé s’Ambricourt, ultime témoin de la pitié sacrée, selon Malraux : «Qu’est-ce que cela fait? Tout est grâce.»

Compagnon de trois matinées lumineuses,
ce livre,
trop tôt terminé,
va illuminer le cœurs d’amis lecteurs.
Merci


mercredi 11 février 2009

Requiem de Mozart translation/traduction

Ce soir c’est la dernière représentation du Requiem de Mozart au Concertgebouw!

En première partie : le Dyptychon de Valentin Sylvestrov.
C’est un compositeur ukrainien né à Kiev le 30 septembre1937.
Son œuvre nous emmène dans un monde aérien. Les voix se mêlent, se répondent, s’harmonisent, se détachent pour toucher profondément à l’essence de chacun. Moment unique ou toute la salle est sous le charme.
L’émotion ressentie était tellement intense dimanche dernier que toute la salle était comme hypnotisée. Sur la dernière note, un silence d’une densité palpable, a précédé un tonnerre d’applaudissement. Les spectateurs étaient debout, pour saluer la performance et surtout remercier de cet instant privilégié.
Donc une œuvre à découvrir absolument.

L’œuvre est interprétée par le Latvian Radio Choir. Fondé en 1940, le chœur est composé de 24 chanteurs. Ils ont travaillés avec de célèbres dirigeants tells que : Yehudi Menuhin, Semyon Bychkov, Justus Frantz, Vladimir Spivakov, Vladimir Fedoseev, Mark Sistro, Gansung Kakhidze, Enrico Diemeke and Juha Kangas et des orchestres tels que: le Moscow Television and Radio Symphony Orchestra, le Moscow Chamber Orchestra, “Moscow Virtuosi”, le Lithuanian Symphony Orchestra, l’orchestre Philharmonic de Montpellier (France), l’orchestre symphonique de Paris, l’orchestre symphonique de la radio de Flandre, Brussels, l’ Ostrobonty Chamber Orchestra (Finland), le Malmo Simphony orchestra.
Le cœur de leur répertoire en composé d’oratorios couvrants une période allant de la renaissance, à la musique baroque ainsi que des pièces plus compliquées du 20 ème siècle.

Deuxième partie, Joseph Haydn, avec la symphonie Numéro 44, faisait grise mine. Coincé entre deux œuvres religieuses de grande intensitée, cette symphonie c’est noyée dans une exécution pour le moins plate.

Le Requiem (du latin requiés signifiant repos) ou Messe de requiem, est un service liturgique de l’Église catholique romaine. Cette messe est une prière pour les âmes des défunts, elle a lieu juste avant l’enterrement ou lors de cérémonies du souvenir. (wikki)

Juste pour la petite histoire, le comte Walsegg, pour la mort de sa femme en février 1791 commande un Requiem à Mozart. Mozart meurt, sans avoir terminé le Requiem.

Différentes versions sont proposée quand à la partie « réellement » composée par Mozart :

1 – Certains considèrent qu’à sa mort, seul le " Requiem æternam "et le " Kyrie" étaient totalement achevés. Les basses et les parties vocales du " Dies Irae " jusqu’à la huitième mesure du " Lacrimosa "étaient aussi écrites à quoi s’ajoutent quelques indications d’orchestrations. De même pour le " Domine Jesu " et l’ " Hostias ". Le "Sanctus", le "Benedictus" et le "Lux aeterna", manquaient totalement. Franz-Süssmayer qui avait reçu les dernières indications de son maître, va terminer le chef-d'œuvre. Il compose l'instrumentation de l'Offertoire d'après les indications de Mozart, complète le « Lacrimosa » à partir de la neuvième mesure et recompose les quatre dernières parties pour lesquelles il disposait des esquisses de Mozart. Enfin pour la « Communio », il se rapporte au Requiem et au Kyrie. Pour garder l’œuvre homogène, il recopie intégralement les deux premiers mouvements. Les parties vocales (portées 8-11) et la basse continue (ligne du bas avec basse chiffrée pour l’orgue) sont de la main de Mozart. Les parties de cordes et de bois (violon I et II, alto, cor de basset I et II et bassons portée 1-5) sont de la main de F.J Freystädtler, et les parties de trompette et de timbale (portées 6-7) sont de la main de Süssmayer.

2- D’autres s’accordent pour dire, que seul le début de l’Introït et quelques parties vocales du Kyrie, le début du Dies Irae et les huit premières mesures du Lacrimosa sont effectivement du grand Mozart. Le reste est une composition collective, réalisée par Franz Xaver Süssmayr, Jacob Freistädler et Joseph Eybler.

3- Mais la plupart considèrent le Requiem comme un travail d’équipe. “L’étude du manuscrit permet de dire avec précision ce qui est de Mozart et ce qui est de Süssmayr et d’Eybler. Les deux premiers morceaux (Requiem et Kyrie) sont entièrement de la main de Mozart. Les cinq premières sections de la Séquence (Dies irae, Tuba mirum, Rex tremendae, Recordare et Confutatis) sont principalement de Mozart : il a écrit les parties vocales, la basse chiffrée et quelques indications musicales. Après des essais infructueux ou partiels de Joseph Eybler, Franz-Xaver Süssmayr travailla l’orchestration à partir des nombreuses notes laissées par Mozart, poursuivit le Lacrymosa dont Mozart avait esquissé de sa main les huit premières mesures. En fait, jusqu’aux mots “judicandus homo reus”. Ajoutons que les deux morceaux de l’Offertoire (Domine Jesu et Hostias) sont principalement de Mozart et sont orchestrés par Süssmayr. Et enfin, le Sanctus, le Benedictus, l’Agnus Dei et la Communion sont entièrement de Süssmayr.”

Quoiqu’il en soit, le Requiem nous invite au voyage. Un voyage intérieur, rythmé par des émotions qui touchent au plus profond de soi. Pour un croyant : « c’est une prière qui va droit au ciel ». Ou encore, comme le dit si bien la sœur Henriette : « Chanter, c’est prier doublement ». Et pour les autres ? L’enchantement les poussera peut être vers la possibilité d’admettre…que Mozart pourrait être, la preuve, le plus bel argument de la foi en Dieu. Mais chacun porte ses sentiments et ses convictions là où la vie le mène. Restons libres de nos pensées.

Pour facilité la compréhension du Requiem, voici un traduction en français.

REQUIEM
Requiem aeternam dona eis, Domine: et lux perpetuat luceat eis. Te decet hymnus Deus in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem: Exaudi orationem meam, ad te omnis caro veniet. Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luccat eis.
Kyrie eleison. Christe eleison. Kyrie eleison

REQUIEM
Seigneur, donnez-leur le repos éternel, et faites luire pour eux la lumière sans déclin. Dieu, c'est en Sion qu'on chante dignement vos louanges à Jérusalem on vient vous offrir des sacrifices. Écoutez ma prière, Vous, vers qui iront tous les mortels. Seigneur, donnez-leur le repos éternel, et faites luire pour eux la lumière sans déclin.
Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.

REQUIEM
Grant them eternal rest, Lord, and let perpetual light shine on them. You are praised, God, in Zion, and homage will be paid to You in Jerusalem. Hear my prayer,to You all flesh will come. Grant them eternal rest, Lord and let perpetual light shine on them.
Lord, have mercy on us. Christ, have mercy on us. Lord, have mercy on us.

DIES IRAE
Dies irae, dies illa Solvet saeclum in favilla: Teste David cum Sibylla. Quantus tremor est futurus, Quando judex est venturus Cuncta stricte discussurus!

DIES IRAE
Jour de colère que ce jour-là, où le monde sera réduit en cendres, selon les oracles de David et de la Sibylle. Quelle terreur nous saisira, lorsque le juge descendra examiner rigoureusement toute chose.

DIES IRAE
Day of wrath, day of angerwill dissolve the world in ashes, as foretold by David and the Sibyl. Great trembling there will bewhen the Judge descends from heaven to examine all things closely.

TUBA MIRUM
Tuha, mirum spargens sonum Per sepulcra regionum, Coget omnes ante thronum. Mors stupebit et natura, Cum reSurget creatura, Judicanti responsura. Liber scriptus proferetur, In quo totum continetur, Unde mundus judicetur. Judex ergo cum sedebit Quidquid latet, apparebit: Nil inultum remanebit. Quid sum miser tunc dicturus? Quem patronum rogaturus, Cum vix justus sit securus?

TUBA MIRUM
La trompette répandant la stupeur parmi les sépulcres, rassemblera tous les hommes devant le trône. La mort et la nature seront dans l'effroi, lorsque la créature ressuscitera pour rendre compte au Juge. Le Livre tenu à jour sera apporté, livre qui contiendra tout ce sur quoi le monde sera jugé. Quand donc le Juge tiendra séance, tout ce qui est caché sera connu et rien ne demeurera impuni. Malheureux que je suis, que dirai-je alors? Quel protecteur invoquerai- je, quand le juste lui-même sera dans l' inquiétude?

TUBA MIRUM
The trumpet will send its wondrous soundthroughout earth's sepulchresand gather all before the throne. Death and nature will be astounded,when all creation rises again to answer the judgement. A book will be brought forth in which all will be written by which the world will be judged. When the judge takes his place what is hidden will be revealed nothing will remain unavenged. What shall a wretch like me say? Who shall intercede for me, when the just ones need mercy?

REX TREMENDAE
Rex tremendae majestatis Qui salvandos salvas gratis, Salva me, fons pietatis

REX TREMENDAE
O Roi, dont la majesté est redoutable, vous qui sauvez par grâce, sauvez-moi, ô source de miséricorde.

REX TREMENDAE
King of tremendous majesty,who freely saves those worthy ones,save me, source of mercy.

RECORDARE
Recordare, Jesu pie, Quod sum causa tuae viae: Ne me perdas illa die. Quaerens me, sedisti lassus: Redemisti Crucem passus:Tantus labor non sit cassus. Juste judex ultionis, Donam fac remissionis Ante diem rationis. Ingemisco, tamquam reus: Culpa rubet vultus meus: Supplicanti parce, Deus.Qui Mariam absolvisti,Etlatronemexaudisti, Mihi quoque spem dedisti. Preces meae non sunt dignae:Sed to bonus f ac benigne, Ne perenni cremer igne. Inter oves locum praesta, Et ab haedis me sequestra, Statuens in parte dextra.


RECORDARE
Souvenez-vous ô doux Jésus que je suis la cause de votre venue sur terre. Ne me perdez donc pas en ce jour. En me cherchant, vous vous êtes assis de fatigue, vous m'avez racheté par le supplice de la croix: que tant de souffrances ne soient pas perdues. O Juge qui punissez justement accordez-moi la grâce de la rémission des péchés avant le jour où je devrai en rendre compte. Je gémis comme un coupable: la rougeur me couvre le visage à cause de mon péché pardonnez, mon Dieu, à celui qui vous implore. Vous qui avez absous Marie-Madeleine, vous qui avez exaucé le bon larron: à moi aussi vous donnez l'espérance. Mes prières ne sont pas dignes d'être exauces, mais vous plein de bonté faites par votre miséricorde que je ne brûle pas au feu éternel. Accordez-moi une place parmi les brebis et séparez-moi des boucs en me plaçant à votre droite.

RECORDARE
Remember, kind Jesus,my salvation caused your suffering;do not forsake me on that day. Faint and weary you have sought me,redeemed me, suffering on the cross;may such great effort not be in vain. Righteous judge of vengeance,grant me the gift of absolutionbefore the day of retribution. I moan as one who is guilty:owning my shame with a red face;suppliant before you, Lord. You, who absolved Mary,and listened to the thief,give me hope also. My prayers are unworthy,but, good Lord, have mercyand rescue me from eternal fire. Provide me a place among the sheep and separate me from the goats guiding me to Your right hand.

CONFUTATIS
Confutatis maledictis,Flammis acribus addictis:Voca me cum benedictis. Oro supplex et acclinis, Cor contritum quasi cinis: Gere curam mei finis.

CONFUTATIS
Et après avoir réprouvé les maudits et leur avoir assigné le feu cruel. Appelez-moi parmi les élus. Suppliant et prosterné, je vous prie, le cœur brisé et comme réduit en cendres prenez soin de mon heure dernière.

CONFUTATIS
When the accused are confounded,and doomed to flames of woe,call me among the blessed. I kneel with submissive heart,my contrition is like ashes,help me in my final condition.

LACRIMOSA
Lacrimosa dies illa, qua resurget ex favilla judicandus homo reus. Huic ergo parce, Deus: Pie Jesu Domine Dona eis requiem. Amen.

LACRIMOSA
Oh! Jour plein de larmes, où l'homme ressuscitera de la poussière: Cet homme coupable que vous allez juger: Epargnez-le, mon Dieu! Seigneur, bon Jésus, donnez-leur le repos éternel. Amen.

LACRIMOSA
That day of tears and mourning,when from the ashes shall arise,all humanity to be judged.Spare us by your mercy, Lord,gentle Lord Jesus,grant them eternal rest. Amen.

DOMINE JESU CHRISTI
Domine Jesu Christe, Rex gloriae, libera animas omnium fidelium defunctorum de poenis inferni et de profundo lacu. Iibera eas de ore leonis ne absorbeat eus tartarus, ne cadant in obscurum. sed signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam, quam olim Abrahae promisisti et semini ejus.

DOMINE JESU CHRISTI
Seigneur, Jésus-Christ, Roi de gloire, préservez les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l'enfer et de l'abîme sans fond. Délivrez-les de la gueule du lion, afin que le gouffre horrible ne les engloutisse pas et qu'elles ne tombent pas dans le lieu des ténèbres. Que saint Michel, le porte étendard, les introduise dans la sainte lumière. Que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.

DOMINE JESU CHRISTI
Lord Jesus Christ, King of glory,liberate the souls of the faithful,departed from the pains of helland from the bottomless pit.Deliver them from the lion's mouth, lest hell swallow them up,lest they fall into darkness. Let the standard-bearer, holy Michael, bring them into holy light. Which was promised to Abrahamand his descendants.

HOSTIAS
Hostias et preces tibi Domine, laudis offerimus. tu suscipe pro animabus illis, quarum hodie memoriam facimus : fac eas, Domine, de morte tramsire ad vitam. Quam olim Abrahae promisisti et semini eius

HOSTIAS
Nous vous offrons, Seigneur, le sacrifice et les prières de notre louange recevez-les pour ces âmes dont nous faisons mémoire aujourd'hui. Seigneur, faites-les passer de la mort à la vie. Que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.

HOSTIAS
Sacrifices and prayers of praise, Lord,we offer to You.Receive them in behalf of those soulswe commemorate today.And let them, Lord,pass from death to life,which was promised to Abrahamand his descendants.

SANCTUS
Sanctus, Sanctus, Sanctus Dommus, Deus Sabaoth. Plen sunt coeli et terra gloria tua. Hosanna in excelsis !

SANCTUS
Saint, Saint, Saint le Seigneur, Dieu des Forces célestes. Le ciel et la terre sont remplis de votre gloire. Hosanna au plus haut des cieux !

SANCTUS
Holy, Holy, Holy, Lord God of Hosts, heaven and earth are full of Thy glory. Hosanna in the highest.

BENEDICTUS
Benedictus, qui venit in nomine Domini. Hosanna in excelsis !

BENEDICTUS
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux !

BENEDICTUS
Blessed is he who comes in the name of the Lord. Hosanna in the highest.

AGNUS DEI
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi: dona eis requiem. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi: dona eis requiem sempiternam.
.
AGNUS DEI
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, donnez leur le repos. Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, donnez leur le repos éternel.

AGNUS DEI
Lamb of God, who takes awaythe sins of the world,grant them eternal rest.Lamb of God, who takes awaythe sins of the world,Grant them eternal rest.Lamb of God, who takes awaythe sins of the world,grant them eternal rest forever.

COMMUNIO
Lux aeterna luceat eis Domine cum sanctis tuis in aeternum quia pius es.
Requiem aeternam dona eis, Domine et lux perpetua luceat eis. Cum sanctis tuis aeternum, quia pius es.

COMMUNIO
Que la lumière éternelle luise pour eux, au milieu de vos Saints et à jamais Seigneur, car vous êtes miséricordieux. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel et que la lumière sans déclin luise pour eux.

COMMUNIO
Let eternal light shine on them, Lord,as with Your saints in eternity,because You are merciful.Grant them eternal rest, Lord,and let perpetual light shine on them,as with Your saints in eternity,because You are merciful.

Merci au Nederlands Kamerorkest pour ce grand moment d'émotion et à mes amis qui savent si bien partager le bonheur d'aimer la musique.

lundi 2 février 2009

Die Jahreszeiten (Les saisons), Joseph Haydn


Les saisons de Joseph Haydn (1732-1809) donné en mars 1799

Les Saisons ne constituent pas stricto sensu un oratorio, c'est-à-dire une œuvre morale qui, à la base de textes sacrés ou pieux, a pour objet d'édifier les fidèles ; puisque l’œuvre est basée sur un poème de l'écrivain écossais James Thomson (1700-1748).
Un trio de personnage commente le quotidien du passage des saisons dans la vie rurale - le fermier Simon (baryton), sa fille Hanne (soprano) et Lukas (ténor), le jeune promis de celle-ci – Ces personnages servent d'intermédiaires entre les spectateurs et les pouvoirs supérieurs, qu'ils soient humains ou divins. Les mélodies des trois paysans sont fondées sur de la musique "populaire", alors que les vastes fresques chorales sont plus lyriques.

Pour apprécier toute la saveur de la musique, il est utile de comprendre le déroulé de l’action. De saisir la force du soleil au mois d’aout, qui au zénite, écrase de chaleur tout ce qui vie. Ou encore le silence avant l’orage qui va éclater…

Textes du livret Die Jahreszeiten (les saisons) de Joseph Haydn

Le printemps

N°1 Introduction : Décrit le passage de l’hiver au printemps

Simon :
Vois comme le dur hiver s’enfuit !
Il s’échappe vers le pole lointain.
Sur son appel le suit l’armée bruyante de sauvages tempêtes avec des hurlements affreux

Lucas :
Vois comme la neige s’égoutte en flots troubles du rocher abrupt !
Jeanne
Vois arrivant du sud, attiré par les vents attiédis, le messager du printemps.

N°2 Chœurs des Paysans

Les Paysans :
Viens, doux printemps, don du Seigneur, viens !
Fais sortir la Nature de son sommeil mortel !

Les Filles et les Femmes :
Il approche, le doux printemps ; déjà nous sentons son souffle doux, bientôt tout renaîtra.

Les Hommes :
Ne jubilez pas trop vite !
Souvent l’hiver, environné de nuages, se glisse à nouveau et répand son poison givré sur les fleurs et les germes.

Tous :
Viens, doux printemps, don du Seigneur, viens !
Descend sur nos campagnes, viens, doux printemps, viens et ne nous fais plus attendre.

N°3 Récitatif

Simon :
Du Bélier, les rayons du clair soleil à, présent nous parviennent.
Brouillards et froids se dissipent, des souffles tièdes s’exhalent.
Le sein de la terre s’entrouvre ; l’air en est tout réjoui.

N°4 Air

Simon :
Le laboureur s’empresse au travail des champs ; il suit en sifflant le soc tout au long des sillons.
D’un pas mesuré, il jette au loin son grain ; le champ l’enserre et le fait murir en une riche moisson.

N°5 Récitatif

Lucas :
Le Paysan à accompli son ouvrage sans épargner sa peine.
Il attend sa récompense des mains de la nature et implore le ciel.

N°6 Prière

Lucas et le Chœur :
Sois miséricordieux, doux ciel !
Ouvre-toi et accorde ta bénédiction à notre pays !

Lucas :
Fais que ta rosée humecte la terre !

Simon :
Fais que ta pluie inonde les sillons !

Jeanne :
Fais que les vents soufflent avec douceur et que ton soleil brille clair !

Tous les trois :
Nous aurons alors l’abondance et nous célébrerons ta bonté.

Le Chœur :
Sois miséricordieux, doux ciel !

N°7 Récitatif

Jeanne :
Notre vœu est exaucé ; le doux vent d’ouest nous réchauffe et apporte d’humides vapeurs.
Elles s’accumulent et s’écoulent et arrosent au sein de la terre le fruit et la richesse de la nature.

N°8 Chant de Joie

Jeanne :
Oh, comme il est tendre le spectacle des prairies !
Venez les filles, venez danser dans les chants remplis couleurs !

Lucas :
Oh, comme il est tendre le spectacle des prairies !
Venez les garçons, venez danser dans les verts bocages !

Jeanne et Lucas :
Oh comme il est tendre, etc …

Jeanne :
Voyez les lis, voyez les roses, voyez toutes les fleurs !

Lucas :
Voyez les prés, voyez les prairies, voyez tous les champs !

Le Chœur :
Oh comme il est tendre, etc…

Jeanne :
Voyez la terre, voyez l’eau, voyez l’air serein !

Lucas :
Tous revit, tout est suspendu, tout s’agite.

Jeanne :
Voyez les agneaux comme ils bondissent !

Lucas :
Voyez les poissons quel grouillement !

Jeanne :
Voyez les abeilles comme elles bourdonnent !

Lucas :
Voyez les oiseaux quel volètement !

Le Chœur :
Tout revit, etc…

Les filles :
Quelle joie, quelle ivresse submergent nos cœurs !

Les garçons :
Un doux bonheur, un doux charme soulèvent notre poitrine !

Simon :
Ce que vous sentez, ce qui vous enchanté, c’est le souffle du Créateur.

Le Chœur :
Honorons le, louons le, glorifions le !

Les hommes :
Faites sonner bien haut vos voix pour le remercier !

Le Chœur :
Pour le remercier, que nos voix résonnent bien haut !
Dieu éternel, puissant, bienfaisant !

Jeanne, Lucas, Simon :
Tu nous as réconfortés de ton repas béni.

Les hommes :
Dieu puissant !

Jeanne, Lucas, Simon :
Tu nous as abreuvés du fleuve de tes joies.
Dieu bienfaisant !

Le Chœur :
Dieu éternel, puissant, bienfaisant !

Simon :
Eternel !

Lucas :
Puissant !

Jeanne :
Dieu bienfaisant !

Le Chœur :
Sois honoré, loué et aimé,
Dieu éternel, puissant, bienfaisant !

L’été

N°9 Récitatif L’introduction dépeint l’aube du jour

Lucas :
La tendre lumière du matin approche en voiles grises et devant elle, l’indolent nuit se retire à pas nonchalants.
La troupe aveugle des oiseaux morts s’enfuit vers de sombres grottes ; leurs cris accablants et plaintifs n’oppressent plus les cœurs angoissés.

Simon :
Le héraut du jour s’annonce ; de ses accents joyeux il appelle à nouveau au labeur le paysan reposé.

N°10 Air et récitatif

Simon :
Le berger allègre rassemble les joyeux troupeaux ; il les pousse lentement vers les grasses prairies des vertes collines.
Appuyé sur son bâton il observe maintenant l’Orient pour voir le premier rayon du soleil qu’il attend impatiemment.

Jeanne :
L’aurore commence à poindre ; la légère nuée se dissipe comme une fumée, le ciel se remplit dans le clair d’azur et le sommet des montagnes dans un or flamboyant.

N°11 Trio et Chœur

Jeanne :
Le soleil se lève, il monte.

Jeanne, Lucas :
Il approche, il vient.

Jeanne, Lucas, Simon :
Il rayonne, il brille.

Le Chœur :
Il brille dans sa splendeur éclatante, dans sa flamboyante majesté.
Gloire au soleil, gloire !
Source de la lumière et de la vie, gloire !
O, toi œil et âme de l’univers, toi, la plus belle image de la divinité, nous ta saluons avec reconnaissance !

Jeanne, Lucas, Simon :
Qui, peut exprimer toutes les joies que tes faveurs éveillent en nous ?
Qui peut compter les bienfaits dont ta clémence nous inonde ?

Le Chœur :
Qui peut les exprimer ?
Les bienfaits, qui peut les compter ?
Qui les exprime ? Qui les compte, qui ?

Jeanne :
Nous te devons tous ce qui nous réjouit.

Lucas :
Nous te devons ce qui nouais anime.

Simon :
Nous te devons ce qui nous fait vivre.

Jeanne, Lucas, Simon :
Mais nous devons au Créateur le pouvoir de ta force.

Le Chœur et les solistes :
Gloire, o, soleil, gloire !
Source de la lumière et de la vie, gloire !
Toutes les voix t’acclament, la nature t’acclame

N°12 Récitatif

Simon :
Tout s’anime maintenant alentour ; une foule bigarrée couvre la campagne.
Le flot ondulant des moissons s’incline vers le faucheur bruni, la faux étincelle, le blé s’écroule ; mais il se redresse bientôt et s’amoncelle en gerbes serrées.

Lucas :
Le soleil de midi brule maintenant de toute son ardeur et déverse à travers le ciel sans nuages ses puissants torrents d feu.
Sur les terres brulées s’étend, tout en vapeur, une mer éblouissante de lumière et de reflets.

N°13 Cavatine

Lucas :
La nature succombe sous le poids.
Fleurs flétries, prairies desséchées, sources taries : tout montre l’excès de la chaleur ; bêtes et gens allongés sur le sol languissent sans force.

N°14 Récitatif

Jeanne :
Soyez bénis à présent, o sombres bosquets où le toit du vieux chêne forme un abri rafraichissant, où le feuillage du gracile tremble et fait entendre son doux murmure !
Le ruisseau y coule en flots clairs sur la tendre mousse, la couvée multicolore du soleil fourmille en bourdonnant joyeusement ; le souffle du zéphyr répand la senteur embaumée des plantes, et dans le proche buisson retentit le pipeau du jeune berger.

N°15 Air

Jeanne :
Quel réconfort pour l’esprit !
Quel repos pour le cœur !
Une impression rafraichissante inonde chaque veine et fait vibrer chaque nerf.
L’âme se réveille pour ce plaisir charmant et une nouvelle force soulève la poitrine d’une douce impulsion.

N°16 Récitatif

Simon :
Voyez !
Dans l’air alourdi monte vers la haute crête de la montagne un nuage de vapeur et de fumée.
Poussé vers le haut, il s’étend et couvre bientôt tout le ciel de son obscurité.

Lucas :
Ecoutez, comme dans la vallée un sourd grondement annonce la tempête sauvage.
Voyez, comment chargée de malheur, la sombre nuée lentement s’étend et s’abat menaçante sur la plaine !

Jeanne :
En proie à un pressentiment anxieux la vie de la nature s’arrête.
Aucun animal, aucune feuille ne bouge et une paix mortelle règne partout !

N°17 Le Chœur

Ah, l’orage approche !
Aide nous, Ciel !
Oh ! Comme le tonnerre gronde !
Oh ! Comme els vents se déchainent !
Ou pouvons nous nous abriter ?
Des éclairs enflammés labourent les airs, leurs flèches pointues déchirent les nuages et des torrents se déversent sur le sol.
Ou trouver secours ?
La tempête fait rage ; le vaste ciel s’embrase.
Pauvre de nous !
L’un après l’autre les coups de tonnerre éclatent à grand fracas.
Malheur à nous, malheur à nous !
La terre s’ébranle et vacille jusqu’au fond de la mer.

N°18 Trio et Chœur

Lucas :
Les sombres nuages se répandent, la colère de la tempête est apaisée.

Jeanne :
Avant de disparaitre le soleil brille encore une fois et les champs couverts de perles étincelles sous les derniers rayons.

Simon :
Vers son étable coutumière, rassasié et rafraichi revient le bœuf bien gras.

Lucas :
La caille appel déjà son mâle.

Jeanne :
Le grillon chante gaiement dans l’herbe.

Simon :
Et la grenouille coasse dans les marais.

Jeanne, Lucas, Simon :
L’angélus du soir sonne ; l’étoile scintille tout là haut et nous invite au repos.

Les hommes :
Filles, garçons, femmes, venez, nous aurons un doux sommeil, celui qu’un cœur pur, un corps sain et le travail quotidien assurent.

Les femmes :
Nous venons, nous vous suivons.

Le Chœur :
L’angélus du soir à sonné ; l’étoile scintille là haut, etc…


L’automne

N°19 Joie du Paysan à la vue de sa riche moisson

Jeanne :
Ce que, par ses fleurs, le printemps avait promis, ce que par sa chaleur, l’été avait muri, l’automne le montre maintenant en abondance au paysan heureux.

Lucas :
Il ramène maintenant la riche moisson sur la charrette lourdement chargée.
La vaste grange suffit à peine à recevoir ce que son champ lui à donné.

Simon :
Son œil se réjoui, regarde alentour, il mesure les richesses amoncelées et le bonheur emplit son cœur.

N°20 Trio et Chœur

Simon :
Ainsi la nature récompense le travail, l’appelle et lui sourit ; elle l’encourage de ses espérances et l’assiste de bon cœur ; elle l’aide de toutes ses forces.

Jeanne, Lucas :
C’est par toi, o travail, que vient le salut !
La maison qui nous protège, la laine qui nous tient chaud, le pain qui nous nourrit sont ton bienfait et ton cadeau.

Jeanne, Lucas, Simon :
O travail, o noble travail !
C’est par toi que vient le salut.

Jeanne :
Tu inspires la vertu et adoucis les rudes mœurs.

Lucas :
Tu protèges contre le vice et purifies le cœur de l’homme.

Simon :
Tu renforces le courage et le sens du bien et du devoir.

Trio et Chœur :
O travail, o noble travail ! Etc…

N°21 Récitatif

Jeanne :
Voyez comme la jeunesse cour aux boqueteaux de noisetiers !
Sur chaque branche se balance la joyeuse troupe des petits et des arbustes secoués s’échappent les fruits comme une grêle.

Simon :
Là bas le jeune paysan dresse prestement l’échelle le long du grand tronc. De la cime qui le cache il voit approcher son aimée, la noix ronde vole à ses pieds en aimable plaisanterie.

Lucas :
Dans le jardin, près de chaque arbre, il y a des filles grandes et petites et leur teint frais est pareil à celui des fruits qu’elles cueillent.

N°22 Duo

Lucas :
Vous, beautés de la cité, venez !
Regardez la fille de la nature que ni toilette ni fard ne parent !
Regardez ma Jeannette, regardez !
La santé fleurit sur ses joues ; son œil rit de satisfaction et son cœur parle par sa bouche quand elle me jure son amour.

Jeanne :
Petit monsieur doux et fins, éloignez vous !
Vos talents ici s’étiolent et vos paroles doucereuses sont sans effet ; on ne vous prête aucune attention.
Ni l’or ni la richesse ne peuvent nous éblouir.
C’est un cœur sincère qui nous émeut et tous mes désirs sont exaucés si mon Lucas m’est fidèle.

Lucas :
Les feuille tombent, les fruits se flétrissent, les jours et les années passent, mais mon amour demeure.

Jeanne :
La feuille est plus verte, le fruit est plus doux, le jour est plus clair quand tu me dis ton amour.

Jeanne, Lucas :
Quel bonheur qu’un amour fidèle !
Nos cœurs sont unis, seule la mort peut les séparer.

Lucas :
Chère Jeanne !

Jeanne :
Mon bon Lucas !

Jeanne, Lucas :
Aimer et être aimé est la suprême joie, c’est le bonheur et le prix de la vie.

N°23 Récitatif

Simon :
Maintenant, le champ dénudé ne montre plus que d nombreux importuns qui ont trouvé leur pitance dans les chaumes et en errant continuent à chercher.
Le paysan ne se plaint pas du petit larcin qu’il remarque à peine ; mais il ne souhaite cependant pas être la victime d’un dommage important.
Ce qui le garantit contre cela, il le considère comme un bienfait et il paye volontiers son tribut à la chasse qui réjouit tant ses seigneurs.

N°24 Air

Simon :
Regardez les vastes prairies !
Voyez comme le chien file dans l’herbe !
Sur le sol il cherche la trace et la suit sans relâche.
Maintenant son instinct l’entraine ; il n’obéit plus à l’appel de la voix ; il ne pense qu’au gibier, soudain sa course s’arrête, il est à présent immobile comme une pierre.
Pour éviter l’ennemi proche, l’oiseau craintif s’envole ; mais le vol rapide ne le sauve pas. Un éclaire, une détonation, le plomb l’atteint et, mort, l’abat au sol.

N°25 Récitatif

Lucas :
Ici, un cercle se referme et chasse les lièvres du gite.
Pressés de toutes parts la fuite ne leur est d’aucun secours. Ils tombent déjà et gisent bientôt en ragées joyeusement comptées.

N°26 Chœurs des Paysans et des Chasseurs

Les hommes :
Ecoutez les échos bruyants qui résonnent dans la forêt !

Les femmes :
Quels échos bruyants résonnent dans la forêt !

Tous :
C’est le son éclatant des cors, l’aboiement avide des chiens.

Les hommes :
Le cerf traqué fuit déjà poursuivi par les dogues et les cavaliers.

Tous :
Il fuit, il fuit. Oh, comme il court, poursuivi par les dogues et les cavaliers !
Oh ! Comme il bondit ! Oh ! Comme il court !
Voilà qu’il émerge des halliers et traverse les champs pour s’enfoncer dans les fourrés.

Les hommes :
Il a maintenant dupé les chiens ; dispersés, ils cherchent de tous cotés.

Tous :
Les chiens sont dispersés, ils cherchent de tous cotés.

Les chasseurs :
Taïaut ! Taïaut ! Taïaut !

Les hommes :
L’appel des chasseurs, le son du cor les rassemble à nouveau.

Les chasseurs :
HO ! HO ! Taïaut ! Taïaut !

Les hommes et les femmes :
Avec une ardeur redoublée la meute s’élance sur la trace.

Les chasseurs :
Taïaut ! Taïaut ! Taïaut !

Les femmes :
Rattrapé par ses ennemis, désespéré et à bout de forces, le vif animal git maintenant.

Les hommes :
Le son allègre du cor, le joyeux chant de victoire des chasseurs annoncent la fin prochaine.

Les chasseurs :
Hallali ! Hallali ! Hallali !

Les femmes :
La mort du cerf est annoncée par le son triomphant du cor et le joyeux champ de victoire des chasseurs.

Tous :
Hallali ! Hallali ! Hallali !

N°27 Récitatif

Jeanne :
Sur le cep brille maintenant le clair raisin juteux.
Il appel aimablement le vigneron pour qu’il ne tarde pas à la vendange.

Simon :
Déjà les cuves et les tonneaux sont hissés sur la colline et pour le joyeux ouvrage le peuple réjoui s’élance des maisons.

Jeanne :
Voyez comme la montagne fourmille de gens !
Ecoutez comme leurs accents joyeux résonnent de toutes parts !

Lucas :
Le travail s’accompagne de plaisanteries du matin jusqu’au soir, puis le vin nouveau transforme la gaité en explosion de joie.

N°28 Chœur

Tous :
La ! La ! Le vin est là, les tonneaux sont pleins.
Maintenant soyons joyeux et La ! La ! Lère ! Crions à gorge déployée.

Les hommes :
Buvons !
Frères, buvons !
Soyons joyeux !

Les femmes :
Chantons, chantons tous !
Soyons joyeux !

Tous :
La ! La ! Vive le vin !

Les hommes :
Vive le pays où il murit !
Vive le tonneau qui le conserve !
Vive la cruche d’où il coule !

Tous :
La ! La ! Vive le vin !

Les hommes :
Venez frères, remplissez les pots, videz les coupes !
Soyons joyeux !

Tous :
Oh gai ! Soyons joyeux et La ! La ! La ! Crions à pleine voix !
La ! La ! Vive le vin !

Les femmes :
Voilà que sonnent les fifres et tonnent les tambours. Ici grincent les violons, là ronfle la vielle et retenti la cornemuse.

Les hommes :
Déjà les petits trépignent et les garçons sautillent ; là les filles se jettent dans les bras des garçons pour faire la ronde.

Les femmes :
La ! La ! Hop là, sautons !

Les hommes :
Venez, frères !

Les femmes :
La ! La ! Hop là, sautons !

Les hommes :
Remplissez les pots !

Les femmes :
La ! La ! Hop là, venez danser !
Les hommes :
Videz les coupes !

Tous :
Oh, gai, soyons joyeux ! Etc…

Les hommes :
Jubilez, trépignez, sautez, dansez, riez, chantez !
Vidons maintenant la dernière coupe !

Tous :
Puis chantons tous en chœur, pour honorer le noble jus de la vigne : La ! La ! Hop là, Là !
Vive le vin, le noble vin qui chasse soucis et tourments !
Que ses louanges sonnent haut et clair en milliers de cris de joie !
Oh gai, soyons joyeux !
Et la ! La ! La ! Crions à gorge déployée !

L’hiver

N°29 Les épais brouillards marquant le début de l’hiver

Simon :
Maintenant blafarde l’année décline et de froides nuées s’abattent.
Une vapeur grise enveloppe la montagne pour s’étendre ensuite sur la plaine et même à midi le pale rayon de soleil est absorbé.

Jeanne :
Des grottes de Laponie s’approche maintenant le sombre hiver des tempêtes.
Déjà la nature s’engourdie dans un calme angoissé.

N°30 Cavatine

Jeanne :
Lumière et vie sont affaiblis ; chaleur et joie ont disparu. Aux jours maussades succèdent de longues nuits.

N°31 Récitatif

Lucas :
Le vaste lac est figé, le fleuve est paralysé dans son cours.
Dans l’amoncellement de la roche la cascade est arrêtée et muette.
Dans la forêt dépouillée on n’entend aucun bruit.
Un énorme masse de neige couvre les champs, rempli les vallons.
La terre est à présent un tombeau où la force et le charme sont morts, où règnent de blêmes couleurs et où le regard ne rencontre plus qu’étendues mornes et désolées.

N°32 Air

Lucas :
Ici le voyageur s’arrête, dérouté et hésitant sur la direction qu’il doit prendre.
En vain cherche-t-il sa voie : ni chemin ni trace ne le guide.
C’est en vain qu’il s’obstine et piétine dans la neige profonde ; il ne fait que s’égarer d’avantage.
Son courage à présent l’abandonne et l’effroi glace son cœur, car il voit baisser le jour, la fatigue et le froid paralysant ses membres. Soudain son œil aux aguets aperçoit le scintillement d’une lumière proche.
Il revit alors ; sont cœur bat à tout rompre.
Ilva, il court vers le refuge où transi et épuisé, il espère le réconfort.

N°33 Récitatif

Lucas :
Comme il approche, résonne à son oreille, d’abord effrayée par le vent hurlant, le son vif de voix claires.

Jeanne :
Dans la chaude salle, il voit alors les gens du voisinage réunis en cercle intime pour passer la soirée à de petits travaux et à bavarder.

Simon :
Près du poêle les vieux parlent du temps de leur jeunesse.
Là bas le groupe animé des jeunes tresse les tiges d’osier en corbeilles et en nasse et fait des filets.
Les mères filles la quenouille, les filles tournent le rouet ; une chanson joyeuse et simple stimule leur ardeur.

N°34 Chant avec Chœur

Les femmes et les filles
Ronronne, bourdonne, ronronne !
Bourdonne petit rouet, bourdonne !

Jeanne :
Tourne, petit rouet long et fin, tourne fin un petit fil pour ma gorgette !

Les femmes et les filles
Ronronne, bourdonne, ronronne !
Bourdonne petit rouet, bourdonne !

Jeanne :
Tisserant, tisse doux et fin, tisse la fine voilette que je mettrai à la kermesse.

Les femmes et les filles
Ronronne, bourdonne, ronronne !
Bourdonne petit rouet, bourdonne !

Jeanne :
Blanc dehors et pur dedans doit être le sein de la jeune fille, bien couvert par sa voilette.

Les femmes et les filles
Ronronne, bourdonne, ronronne !
Bourdonne petit rouet, bourdonne !

Jeanne :
Blanc dehors et pur dedans, zèle, piété et sagesse attirent honnête galants.

Le Chœur :
Blanc dehors et pur dedans, zèle, piété et sagesse attirent honnête galants.

N°35 Récitatif

Lucas :
Le lin est filé, les rouets sont enfin immobiles.
Le cercle se resserre, les hommes approchent ; on est attentif à la nouvelle histoire que Jeanne va maintenant conter.

N°36 Chant avec Chœur

Jeanne :
Une jeune fille qui faisait cas de l’honneur fut aimée jadis d’un gentilhomme ; il la convoitait depuis longtemps et la rencontra enfin seule.
Il sauta vite de son cheval et lui dit : Viens, embrasse ton seigneur !
Elle s’écria de peur et d’effroi : Ah ! Ah oui, d tout cœur.

Le Chœur :
Aïe, Aïe, pourquoi n’a-t-elle pas dit non ?

Jeanne :
Rassure toi, dit il, hère enfant et donne moi ton cœur, car mon amour est fidèle, ni frivolité ni plaisanterie.
Je te rendrai heureuse : prends cet argent, cet anneau, cette montre en or !
Et si j’ai encore quelque chose dit le et exige le !

Le Chœur :
Ah, ah, voilà qui est bien parlé !

Jeanne :
Non, dit elle c’est trop risquer, mon frère pourrait nous voir et s’il le disait à mon père qu’adviendrait il de moi ?
Il labour près d’ici.sinon j’accepterai volontiers.
Regardez, de cette colline là vous pouvez voir le laboureur.

Le Chœur :
Oh, oh, qu’est ce que cela signifie ?

Jeanne :
Tandis que le gentilhomme grimpe et regarde, la fille leste s’élance sur son cheval et s’enfuit plus rapide que le vent.
Au revoir cri elle, gracieux seigneur !
Je venge ainsi mon affront.
Comme fixé au sol il la regarde stupéfait.

Le Chœur :
Ah, ah, c’est bien fait

N°37 Récitatif

Simon :
Venant de l’est aride monte un souffle glacé.
Cinglant, il traverse les airs, il chasse toute vapeur et même l’haleine des bêtes.
Du tyran rigoureux, de l’hiver la victoire est complète et une muette terreur oppresse toute l’étendue de la nature.

N°38 Air et récitatif

Simon :
Regarde ici, homme insensé, regarde, c’est le miroir de ta vie.
Ton court printemps est flétri, la force de ton été est épuisée.
Déjà se fane l’automne de ton âge ; déjà s’approche le pâle hiver et le tombeau ouvert apparait.
Où sont ils donc les projets ambitieux ; les espoirs de bonheur, la quête d’une vaine gloire, le lourd fardeau des soucis.
Où sont-ils donc les jours d’ivresse dissipés dans les voluptés ?
Et les joyeuses nuits de veille et de tumulte ?
Ils ont disparus comme dans un rêve, seule reste la vertu.
Elle reste seule et nous conduit inflexiblement par les saisons et les années, par les peines et les joies vers l’idéal le plus haut.

N°39 Trio et double Chœur

Simon :
Enfin le grand matin va poindre !
La deuxième parole du tout puissant nous appelle pour une nouvelle existence, libérée à jamais du tourment et de la mort.

Lucas, Simon :
Les portes du ciel s’ouvrent, la montagne sacrée apparait, couronnée du divin tabernacle où trônent le repos et la paix.

Chœur :
Qui peut franchir la porte ?

Jeanne, Lucas, Simon :
Celui qui rejeta le mal et fit le bien.

Chœur :
Qui peut gravir la montagne ?

Jeanne, Lucas, Simon :
Celui dont les lèvres disent la vérité !

Chœur :
Qui peut habiter le tabernacle ?

Jeanne, Lucas, Simon :
Celui qui secouru les pauvres et les opprimés.

Chœur :
Qui jouira là haut de la paix ?

Jeanne, Lucas, Simon :
Celui qui protégea l’innocence.

Chœur :
Voyez ! Le grand jour approche.
Voyez ! Il brille déjà.
Les portes du ciel s’ouvrent ; la montagne sacrée apparait.
Ils sont passés, ils sont loin, les jours de souffrance, les orages de la vie.
Un printemps éternel règne et une infinie béatitude sera la récompense des justes.

Jeanne, Lucas, Simon :
Qu’elle soit aussi notre récompense ! Agissons ! Travaillons !

Chœur :
Luttons, espérons, pour y parvenir. Que ta main nous conduise Seigneur !
Donne-nous la force et la ferveur ; nous vaincrons alors et parviendrons jusqu'à ton royaume de lumière.
Amen
Concertgebouw le 24 janvier : Die Jahreszeiten, Joseph Haydn avec le Nederlands Kamorkest.
Je vous invite à aller voir cette œuvre sans comparaison avec les 4 saisons de Vivaldi. Ici la Nature est présente, mais plus en corrélation avec la vie, l’activité des paysans. Plus en tan que mère, offrant à ses enfants les fruits qui vont les nourrir. Le cycle des saisons permet d’avancer sur le chemin de la vie et à la fin de celle-ci de rejoindre le grand créateur. Une allégorie pleine de saveur. Merci

Bonne écoute !

samedi 31 janvier 2009

L’incorazione di Poppea : Monteverdi

L’incorazione di Poppea : Monteverdi
Dutch National Opera Academy

Avec l’ensemble du Conservatoire d’ Amsterdam le 21 janvier 2009.

L’Incoronazione di Poppea (Le Couronnement de Poppée) est le dernier opéra de Claudio Monteverdi, il est alors âgé de 75 ans. Le livret est de Giovanni Francesco Busenello.

Poppée veut être couronnée Impératrice de Rome. Pour cela elle doit épouser Néron, despote volage et irritable, marié à Octavie fille d'un ancien empereur. Othon, l’ex-amant de Poppée, oscille entre la haine et l'amour et tente, sur la demande d'Octavie, d'assassiner Poppée.

Prologue
Dans un prologue allégorique, la Fortune et la Vertu se disputent la suprématie sur les hommes. Mais l'Amour intervient et les contraints à admettre sa suprématie.

Acte I
- Scène 1 : A l'aube, Othon, amant de Poppée, découvre la présence de soldats de Néron sur le seuil de sa belle. Il comprend alors son infortune : Néron et Poppée sont dans les bras l'un de l'autre.
- Scène 2 : Les soldats de Néron (qui dormaient!) se réveillent. Ils pestent contre l'irresponsabilité de Poppée et de Néron, le pédantisme et la rapacité de Sénèque.
- Scène 3 : Poppée et Néron apparaissent. Néron s'arrache avec difficulté aux bras de sa maîtresse.
- Scène 4 : Poppée affiche sa confiance en l'avenir, en dépit des mises en garde d'Arnalta, sa vieille nourrice.
- Scène 5 : Au palais impérial, Octavie, l’épouse de Néron, est rongée par l'humiliation et la jalousie. Sa nourrice lui conseille de prendre sa revanche dans les bras d'un amant. Octavie, indignée, repousse cette idée.
- Scène 6 : Sénèque tente de consoler Octavie, en lui faisant valoir que, ce qu'elle perd par son infortune, elle le regagne en vertu. Fureur du Page (Valletto), serviteur d'Octavie, qui met le philosophe en demeure de trouver une consolation plus efficace !
- Scène 7 : Resté seul, Sénèque médite : le pouvoir ne garantit pas le bonheur...
- Scène 8 : La déesse Pallas Athéna prédit à Sénèque sa mort prochaine. En temps voulu, Mercure viendra lui annoncer l'heure.
- Scène 9 : Néron s'ouvre à Sénèque de son projet de répudier Octavie et d'épouser Poppée. Sénèque invoque les exigences de la loi, de la raison, de la vertu. Néron chasse Sénèque.
- Scène 10 : Poppée retrouve Néron. Enflammé d'amour, il lui promet le mariage et le trône. Poppée lui objecte la résistance probable de Sénèque. Ses insinuations ravivent la colère de Néron qui envoie porter à Sénèque l'ordre de mourir.
- Scène 11 : Aux plaintes et aux reproches d'Othon, Poppée oppose la fatalité de l'amour; tant pis pour lui s'il n'a pas su se faire aimer. Poppée partie, Arnalta s'apitoie sur Othon.
- Scène 12 : Othon désespéré envisage de tuer Poppée.
- Scène 13 : La jeune Drusilla, depuis longtemps amoureuse d'Othon, le rejoint et constate que Poppée règne toujours sur son cœur. Othon l’assure qu’elle peut compter sur son amour et sur son dévouement.

Acte II
- Scène 1 : Sénèque médite sur la solitude. Mercure lui apparaît et lui annonce sa mort prochaine.
- Scène 2 : Effectivement, l'envoyé de Néron transmet à Sénèque l'ordre de se donner la mort.
- Scène 3 : Sénèque annonce à ses amis qu'il va se suicider : aux yeux du sage stoïcien, la mort n'est qu'un passage, une délivrance pour l'âme. Mais ses amis lui opposent le bonheur épicurien d'être vivant.
- Scène 4 : le Page (Valletto) et la Demoiselle s'avouent leur amour.
- Scène 5 : Débarrassé de Sénèque, Néron, en compagnie du poète Lucain, s'abandonne à sa joie.
- Scène 6 : Othon se reproche d'avoir songé à tuer Poppée et choisit d'accepter son sort d'amant trahi.
- Scène 7 : Rappelant à Othon ce qu'il lui doit, Octavie lui enjoint de tuer Poppée. Devant sa résistance, elle le menace de le dénoncer à Néron pour avoir tenté de la violer. Il devra approcher Poppée déguisé en femme.
- Scène 8 : Drusilla est heureuse d'avoir reconquis Othon.
- Scène 9 : Othon se confie à Drusilla, qui accepte de lui prêter ses vêtements.
- Scène 10 : Assistée par sa Nourrice, Poppée s'apprête au sommeil.
- Scène 11 : Apparition de l'Amour, qui veille sur le sommeil de Poppée.
- Scène 12 : Déguisé en femme, Othon s'approche de Poppée pour la tuer. Mais au moment où il va frapper, l'Amour l'en empêche. Othon s'enfuit, mais Poppée et Arnalta ont cru reconnaître Drusilla.
- Scène 13 : L'Amour promet à Poppée de la faire impératrice.

Acte III
- Scène 1 : Drusilla affirme sa confiance: un jour elle sera heureuse avec Othon.
- Scène 2 : Accusée d'avoir voulu tuer Poppée, Drusilla est arrêtée.
- Scène 3 : Néron interroge Drusilla, qui garde le silence pour protéger Othon. Furieux, Néron la condamne à une mort lente sous la torture.
- Scène 4 : Othon survient et s'accuse. Pour le sauver, Drusilla persiste à soutenir que c'est elle la coupable. Touché de tant de grandeur d'âme, Néron lève la sentence de mort. Tous deux partiront pour l'exil. Néron tient enfin un prétexte officiel pour répudier Octavie et la contraindre elle aussi à l'exil.
- Scène 5 : Poppée et Néron s'abandonnent à leur joie.
- Scène 6 : Octavie fait ses adieux à Rome.
- Scène 7 : Arnalta exulte ! Née esclave, elle va devenir une grande dame !
- Scène 8 : Devant les consuls et les tribuns, Néron proclame Poppée son épouse et la couronne impératrice. Dans un extraordinaire duo final, les deux impériaux tourtereaux roucoulent leur tendresse.

La salle du Muziekgebouw aan’t Ij se transforme avec facilité pour accueillir une scène d’opéra. A ma grande surprise, le mur du fond disparait pour permettre au décor de se mettre en place.

Une mise en scène minimaliste laisse la place à l’expression des jeunes chanteurs de l’académie. Le public est directement en contact avec eux. Des rangées de sièges sont disposées de part et d’autre de l’avant scène et, au fur et à mesure du déroulement de l’action, les personnages viennent y prendre place au coté des spectateurs. Une équipe de journalistes, caméra au poing, tournent des images qui sont retransmissent sur un écran géant en temps réel !
Les costumes évoquent à la fois Rome pour la vertu, la fortune, l’amour… et l’Italie mussolinienne pour les autres personnages.

C'était un grand moment de musique, avec certaines voix sublimes. Visiblement les jeunes talents n’attendent pas le nombre des années pour fleurir ! Ainsi qu'ne découverte des débuts de l’opéra Italien à travers une œuvre envoutante !

Que reste-t-il de cette œuvre en 2009 :

Poppée, la courtisane corrompue ; Néron, le représentant cynique du pouvoir ; Sénèque, le philosophe qui va être condamné ; Octavie, l’impératrice répudiée. C’est un monde qui n’appartient pas au passé, un réalisme qui s’applique à notre temps « moderne ».
Les titres ont changés mais les situations perdurent !
C’est un opéra subversif où l'Amour et la Fortune (le pouvoir) piétinent la Vertu.
N’en est il pas de même dans notre société ?
Pas toujours, il y a beaucoup d’êtres humains de bonne volonté !

La grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite et autres contes : Olivier Clerc

Le roi transformé en grenouille, eh non, la grenouille transformée en prince ? Toujours pas !
C’est l’histoire d’une ...

Le langage symbolique à toujours été un moyen privilégié pour faire réfléchir, pour transmettre des idées. Ici, la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite, met en évidence les dangers due à l’inconscience de la dérive progressive de notre société.
Mais il y a aussi six autres fables, venues du monde entier qui réveillent notre conscience. Des petites graines semées qui peuvent nous aider à cultiver notre jardin intérieur. (Un petit clin d’œil à grand-mère).

Extrait du premier chapitre :

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager.
La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille, mais elle ne s’affole pas pour autant, surtout que la chaleur tend à la fatiguer et à l’engourdir.
L’eau est vraiment chaude, maintenant. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle support, elle s’efforce de s’adapter et ne fait rien.
La température de l’eau va ainsi continuer de monter progressivement, sans changement brusque, jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.
Plongée d’un coup dans une marmite à 50°, la même grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.
Cette expérience est riche d’enseignements. Elle nous montre qu’une détérioration suffisamment lente échappe à la conscience et ne suscite, la plupart du temps, pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte de notre part. N’est ce pas précisément ce que nous observons aujourd’hui dans de nombreux domaines ?
La santé par exemple, peut se détériorer insensiblement mais surement. La maladie est souvent le résultat d’une alimentation dévitalisée, industrialisée, encrassante –voir toxique-, couplée avec le manque d’exercice, le stress et une gestion maladroite de nos émotions et de notre vie relationnelle. Certaines maladie mettent ainsi dix, vingt ou trente ans à se mettre lentement en place, le temps que notre, corps et notre psyché parviennent à saturation de toxines, de tensions, de blocages, de non-dits, de refoulements. Notre accoutumance à certains désagréments mineurs, ajoutée à la perte de sensibilité et de vitalité, fait que nous ne réagissons pas à cet insensible affaiblissement de notre santé avant que n’apparaissent des pathologies plus profondes, plus graves, plus lourdes à traiter…
… Au plan social, on observe un déclin régulier et constant des valeurs, de la morale et de l’éthique. D’année en année, cette dégradation s’effectue assez lentement pour que peu d’entre nous s’en offusquent. Pourtant, comme la grenouille que l’on plonge brusquement dans de l’eau à 50°, il suffirait de prendre le Français moyen du début des années 80 et, par exemple, de lui faire regarder la TV d’aujourd’hui ou lire les journaux actuels pour observer de sa part une réaction certaine de stupéfaction et d’incrédulité. Il peinerait à croire que l’on puisse un jour écrire des articles aussi médiocres dans le fond et irrespectueux dans la forme que ceux qu’on lit fréquemment aujourd’hui, ou que puissent passer à l’écran le genre d’émissions débiles qu’on nous propose quotidiennement. L’augmentation de la vulgarité et de la grossièreté, l’évanouissement des repères et de la moralité, la relativisation de l’éthique, se sont effectués de telle façon - au ralenti - que bien peu l’ont remarqué ou dénoncé. De même, si nous pouvions être subitement plongés en l’an 2025 et y observer ce que le monde sera devenu d’ici là, s’il continue dans la même direction, sans doute serions nous encore plus interloqués, tant il semble que le phénomène s’accélère (accélération rendue possible par la vitesse à laquelle nous sommes bombardés d’informations nouvelles, nous en perdons tout repère stable). Notons, d’ailleurs, que les films futuristes s’accordent à nous présenter un futur avenir " hyper-technologique " des plus noirs…
….Ce que nous enseigne l’allégorie de la grenouille, c’est que chaque fois qu’une détérioration est lente, faible, presque imperceptible, il nous faut une conscience très aiguisée pour nous n rendre compte, ou encore une bonne mémoire, un étalon fiable d’après lequel évaluer l’état de la situation. . Or il semble que ces facteurs soient tous trois aujourd’hui chose rare.
1. Sans conscience, nous devenons moins qu’humain, mus par les seuls instincts et automatisées. La conscience est donc une condition sine qua non de notre humanité : pas de vraie pensée, pas de réflexion, pas de libre arbitre sans conscience. Inconscient, l’homme est dot, au propre comme au figuré. C’est pourquoi l »éveil » est au cœur de toutes les formes de spiritualité.
2. Privé de mémoire, nous pourrions passer chaque jour de la clarté à la nuit (et inversement) sans nous en apercevoir le moins du monde, car les changements d’intensité lumineuse sont trop lents pour être perçus par la pupille humaine. C’est la mémoire qui nous fait prendre conscience a posteriori de l’alternance du jour et de la nuit, comme c’est elle qui nous permet de mesurer toutes ces évolutions subtiles qui ont lieu en nous et autour de nous, à un rythme très lent. Sans mémoire, pas de comparaison, pas de discernement, donc pas d’évolution possible.
3. Enfin, l’une des raisons pour lesquelles la grenouille finit par cuire, pourrait-on dire, c’est qu’elle na pas de thermomètre autre que sa peau pour apprécier l’élévation progressive de la température : elle n’a pas d’étalon fiable à l’aune duquel apprécier l’évolution de la situation. Et nous, quels sont nos étalons ? Comment évaluons-nous la température ambiante ? D’après quelles références déterminons-nous la qualité de notre vie, celle de notre santé, celle de la société ?...
….Sans horizon vers lequel tendre, à quoi bon nous bouger ? L’idéal est un remède à la fois au statu quo et au déclin.
Résultat :
- Abrutie par un excès de stimulations sensorielles, la conscience s’endort.
- Gavée par trop d’informations inutiles, la mémoire s’émousse.
- Privé d’étalon, nous n’avons plus de repères stables.
- Asphyxié sous le matérialisme et le consumérisme, notre idéal se ratatine et meurt.
Inconsciente, amnésique et blasée, la grenouille n’a dès lors plus qu’à se laisser cuire…Et c’est ainsi qu’une part de la société s’enfonce ainsi dans l’obscurité morale et spirituelle, avec le délitement social, la dégradation environnementale, la dérive faustienne de la génétique et des biotechnologies, et l’abrutissement de masse - entre autres symptômes - par lesquels cette évolution se traduit.
Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont nous ne nous méfierons jamais trop si nous avons pour idéal la recherche de la qualité, de l’évolution, du perfectionnement, si nous refusons la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire. En effet, la loi de la matière, livrée à elle-même, est l’entropie. Ce dont on ne prend soin, ce qui est laissé à l’abandon décline, se dégrade, qu’il s’agisse du corps, d’une relation, d’un jardin, de l’organisation sociale d’un pays, etc...Tout demande de l’entretien, de l’énergie, de la vigilance, des efforts...
…De manière plus générale, comment ne pas succomber au piège de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?
En ne cessant d‘élargir et d’accroître notre conscience, d’une part, en aiguisant notre mémoire pour conserver des éléments de comparaison entre le passé et le présent, ainsi qu’en ayant recours , d’autre part, à des talons fiables pour évaluer les changements, étalons que l’on prendra soin de choisir parmi les moins sujets aux fluctuations des modes, des époques et des tendances. Enfin, en faisant d’idéaux élevés le carburant d’un constant dépassement de soi. Ce n’est pas un hasard si l’entraînement et le développement de la conscience sont l’un des points communs de toutes les pratiques spirituelles : conscience de soi, conscience du corps, conscience du langage, conscience de ses pensées, conscience de ses émotions, conscience d’autrui, état de conscience supérieur. Au-delà de tout dogme, de toute doctrine, de toute idéologie, nous devrions d‘ailleurs considérer l’élargissement et l’accroissement de notre conscience - bien plus que le développement des seules facultés intellectuelles - comme un comportement fondateur de notre statut d’humains et comme un moteur indispensable à notre évolution...


La cuisson : bleu, saignant, à point, il faut choisir !
Merci, j’ai beaucoup aimé.
Un beau cadeau de Noël pour grandir et aider ceux que l’on aime à grandir.

vendredi 30 janvier 2009

Ercole Amante à l'Opéra d'Amsterdam


26 Janvier 2009 représentation d'Ercole Amante, opéra composé par Francesco Cavalli avec des ballets de Lully.
Ivor Bolton dirigeait le Concerto Köln
Ercole : Luca Pisaroni
Iole : Veronica Cangemi
Giunone : Anna Bonitatibus
Illo : Jeremy Ovenden
Deianira : Anna Maria Panzarella
Licco : Marlin Miller
Nettuno : Umberto Chiummo
La Bellezza : Wilke te Brummelstroete
Cinzia : Johannette Zomer
Mercurio : Mark TuckerPaggio : Tim Mead

Le génie de Monteverdi a permis à l’opéra vénitien d’atteindre des sommets, notamment avec « Lincoronazione di Poppea ». Francesco Cavalli sera son élève à partir de 1616 comme choriste à Saint-Marc avant de devenir un compositeur prolixe. Cet opéra lui est commandé par Mazarin, en 1659, à l’occasion du mariage de Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse. Il est composé d’après un livret de l'abbé Francesco Buti. Sa particularité est d’être agrémentée de ballets de Jean Baptiste Lully.

L’opéra d’Amsterdam nous présente une version épurée dans ses décors, mais riche en effets comiques.
Mazarin marche le long d'un mur peint d’une fresque antique représentant un héro nu. S’en apercevant, il fait un signe de croix.
Ercole, habillé en Louis XIV, se transforme à l’aide de prothèses « musclées » afin de ressembler à Hulk (mais pas vert). Des chaussures de Drake Queens et une massue complètent l’ensemble. Puis, pour bien cadrer le personnage, il porte avec décontraction plusieurs tonneaux de Heineken (coup de pub pour la firme bien représentée sur Amsterdam).
La substitution d’Iole par le page amène Illo, qui déclarait son amour à Iole, à commence à caresser le page en croyant qu'il s'agit de sa bien-aimée.La scène de la tempête est aussi excellente. Le bateau tangue, les éclairent zèbrent le ciel et le page s’accroche ferment pour rester dans sa coque de noix !

Amateur d’Opéra n’oubliez pas de vous munir d’un livret pour suivre l’action. Car, à moins de maitriser l’italien il difficile de suivre le déroulement. Certes il s’agit comme dans tout opéra qui se respecte : d’amour, de jalousie, de vengeance…. Mais c’est quand même.
Soyez attentif à la dernière scène le texte est en français !


Synopsis détaillé :

Prologue
Des montagnes et des rochers sur lesquels quatorze fleuves qui ont été sous la domination des Français. Au fond, la mer, dans l'air, la Lune.
Le prologue est chanté par un chœur de fleuves, parmi lesquels se distingue le Tibre (hommage discret à Mazarin). Ils échangent avec la belle Cynthia des propos résumant les gloires du règne naissant de Louis XIV et exaltent la façon dont un heureux mariage permet à la paix de succéder à la guerre.
Entrées 1 et 2

Acte I
Des deux côtés, un bocage, dans le fond un vaste paysage : les environs de la capitale de l'Eochalie
(1) Hercule (basse), bien que marié à Déjanire (mezzo-soprano), se désole de l'accueil que réserve à ses propos la jeune Iole (soprano) qu'il a enlevée par amour, en tuant à l'occasion son père Eurytos, et invoque Cupidon. (2) Vénus (soprano), émue de sa tristesse, descend du Ciel, accompagnée des Grâces, et lui promet son aide dans ses entreprises amoureuses. (3) Après le départ de Vénus, Junon apparaît progressivement, assise sur un paon. Elle qui a toujours eu à se plaindre d'Hercule (n'est-il pas le résultat d'une des nombreuses aventures galantes de Jupiter?) et à qui incombe la protection des foyers, chante sa colère et décide de contrarier les amours du héros. Vents, éclairs et tempête terminent l'acte.
Entrée 3

Acte II
La cour d'honneur dans le palais du roi
(1) Iole et Hyllus (ténor), fils d'Hercule, se déclarent un amour réciproque. (2) Un page vient de la part d'Hercule demander à Iole de le retrouver dans le jardin des Fleurs. Hyllus est jaloux, mais Iole ne peut refuser et le rassure. (3) Le page se pose la question de savoir ce que c'est que l'amour, ce sentiment dont tout le monde parle. (4) Il rencontre Lychas (ténor), serviteur de Déjanire, et laisse échapper maladroitement le secret du rendez-vous. (5) Lychas va aussitôt en informer sa maîtresse qui se désole malgré les conseils de solide bon sens que lui donne son valet. La Grotte du Sommeil, avec Pasithée, le Sommeil, le Chœur des Zéphires et des Ruisseaux
(6) (7) Junon se prépare à faire échouer les projets d'Hercule ; elle va emprunter le Sommeil aux déesses qui en ont la garde.
Entrée 4

Acte III
Un jardin en Eochalie
(1) Vénus descend du ciel dans un nuage, et assure une fois encore Hercule de sa protection. Elle fait apparaître un siège enchanté fait d'herbe et de fleurs, et conseille à Hercule de prendre ce qu'il désire "par fraude ou par consentement". (2) Resté seul, le héros avoue qu'il perd tout son courage devant les mystères de l'Amour ; il est tout tremblant à l'idée de voir arriver Iole. Survient le page qui lui annonce la prochaine arrivée de la jeune fille mais lui apprend involontairement qu'elle est amoureuse d'Hyllus. Hercule est très surpris à la pensée d'avoir son fils pour rival. (3) Iole entre, accompagnée de Hyllus. Elle commence par répondre en termes très hostiles au discours amoureux d'Hercule, puis, de façon inexplicable, (c'est un effet de l'intervention de Vénus) elle semble lui faire une déclaration d'amour, ce qui provoque chez Hyllus une telle surprise qu'il révèle ses sentiments devant son père. Celui-ci le chasse. (4) Iole, toujours sous le charme de Vénus, tient à Hercule des propos enflammés qui le remplissent de joie. (5) Junon paraît, le Sommeil est avec elle, dans son char. Le Sommeil endort Hercule et Iole revient à la raison en quittant le siège enchanté. Junon lui remet une épée pour qu'elle puisse, profitant du sommeil du héros, venger la mort de son père. (6) Hyllus rentrant en scène, empêche le meurtre et désarme Iole. (7) Hercule est réveillé par Mercure ; il voit l'épée aux mains d'HylIus et croit que son fils veut le tuer. Iole s'accuse. (8) Déjanire arrive sur ces entrefaites accompagnée de Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort malgré toutes les supplications. Seule Iole parvient à changer sa décision en lui laissant entendre qu'il pourra lui inspirer des sentiments plus tendres s'il épargne son fils. Déjanire doit s'exiler, et Hyllus être emprisonné. (9) Ils se lamentent de la cruauté d'Hercule. (10) Propos désabusés de Lychas et du page sur les folies que peut inspirer l'Amour.
Entrée 5

Acte IV
Dans un château au bord de la mer
(1) Hyllus emprisonné est tourmenté par la jalousie. (2) Le Page paraît sur la mer, dans une petite barque, et lui que Iole a été contrainte d'épouser Hercule dans l'espoir de sauver la vie de celui qu'elle aime. (3) Une tempête se lève, et Hyllus, désespéré se jette à l'eau. (4) Junon paraît dans les airs sur un grand trône, qui demande à Neptune de sauver Hyllus. Neptune surgit de la mer dans une grande conque tirée par des chevaux marins, et recueille Hyllus. (5) Junon se réjouit d'avoir contrarié Vénus.
Entrée 6
Un jardin de cyprès où sont érigées des tombes royales
(6) Déjanire songe au suicide et veut confier ses trésors à Lychas qui refuse. (7) Iole vient se recueillir sur le tombeau de son père, avec le chœur des sacrificateurs. Le tombeau s'écroule et l'Ombre d'Eurytus apparaît qui crie sa colère de la décision d'Iole d'épouser Hercule pour sauver Hyllus. Déjanire intervient pour dire qu'elle a vu Hyllus se jeter à la mer. Lychas conseille à Déjanire de remettre à Hercule la tunique du centaure Nessus, ce fera de lui un mari fidèle. Il laisse aussi espérer à Iole que Hyllus a pu se sauver.
Entrée 7

Acte V
Aux Enfers
(1) Les rois que fit périr Hercule complotent pour tirer de lui une vengeance longtemps attendue : Eurytus, Clérique, reine de Cos, Laomédon, roi de Troie, Busiris, roi d'Egypte.
Entrée 8
Le portique d'un temple consacré à Junon Pronube
(2) Hercule, ignorant de tout, se prépare à épouser Iole. Lychas donne à Iole une tunique pour remplacer celle qu'Iole doit donner à Hercule. Hercule revêt la tunique, et meurt dans des souffrances atroces, à la grande satisfaction de Lychas. (3) Déjanire comprend enfin l'ironie cruelle du centaure lui offrant la tunique fatale, et ne souhaite plus vivre. Arrive Hyllus qui tombe dans les bras de Iole et de Déjanire, et raconte comment il a été sauvé. (4) Junon descend accompagnée de l'harmonie des cieux, pour contempler son œuvre d'un regard satisfait. Elle annonce qu’Hercule rit dans le ciel, car il a été uni par Jupiter à la Beauté. Iole, Déjanire et Hyllus se réjouissent et remercient Junon. (5) Hercule apparaît dans le ciel, marié avec la Beauté pour des noces éternelles. Chœur des Planètes qui chantent la récompense offerte à la vertu. Hercule et la Beauté annoncent qu'un Hercule français (Louis XIV) épousera bientôt une beauté ibérique (Marie-Thérèse d'Espagne).

dimanche 14 décembre 2008

L'italie à rendez vous à Amsterdam !


Automne 1945 en Italie.
Enrico et Armando Piaggio ont perdu leur usine, mais ils ont une idée : fabriquer un véhicule pratique et bon marché.
L'ingénieur d'Ascanio le réalise pour eux. Avec des matériaux disponibles, un moteur d'un cylindre, un pneu de brouette, un vieux guidon de moto... Le réservoir d'essence et le moteur sont à l'arrière ce qui laisse un passage libre pour monter sur l'engin. Le moteur placé directement sur l'essieu arrière offre de meilleures performances grâce à la transmission directe. Le pare brise est aussi une nouveauté.
La forme globale de l'engin rappelle le corps d'un insecte d'ou le nom de Vespa - guêpe en italien.En1946 la première construction en série commence.La Vespa trouve bien vite son marché et devient "tendance". Rouler en scooter dénote d'un certain style de vie. Multifonctionnel il est rapidement adopté par une large tranche de la population. En 1950 le marché Allemand est envahit, puis l'Angleterre, la France, l'Espagne et la Belgique. Au printemps 1956 : la millionième Vespa quittait la chaîne de montage.
On dit que le succès est atteint quand des copies apparaissent, c'est ce qui arrive de l'autre coté du rideau de fer : c'est laWjatka.
Toujours d'actualité, c'est en face du consulat italien que celle-ci stationne !