samedi 6 septembre 2008

Expo : De 9 straatjes rood : les 9 rues rouges d’Amsterdam

Depuis les temps immémoriaux, le rouge est associé à la passion. C’est également une couleur que l’on retrouve dans l’emblème d’Amsterdam.
Une grande marque de téléphonie, qui utilise abondamment le rouge, a offert la possibilité à 9 artistes de s’exprimer dans 9 rues d’Amsterdam sur la thématique du Rouge !
Et cela donne du rouge, beaucoup de rouge, toujours du rouge.

Une cabine de téléphone, très English style, prend votre message qui sera diffusé le lendemain sur un écran lumineux.



Des boites dévoilent le secret de leurs entrailles.








Un ours imprime sa patte dans le vent.



Un tracé, matérialisé au sol, retrace le croisement imaginaire des trajectoires des badauds.




Une arche vous permet de passer victorieusement le pont d'arrivée.

Un parapluie vous raconte une histoire qui va vous faire sourire.


Les roux sont photogéniques!




Des chaussures, qui ont du avoir une vie déjà bien remplie, finissent en cage.







Cerise sur le gâteau si vous allez jusqu‘à l’arche qui se situe Wijde heisteeg vous pouvez prendre un pousse-pousse motorisé, piloté par une charmante hôtesse qui vous fais faire le tour de l’expo.

Un dernier détail, l’expo se trouve entre le Prinsengracht et le Singel au niveau de Reestraat et Runstraat.
Amusez vous bien !

mardi 2 septembre 2008

Uit Markt, 29/30/31 Aout


L’Uit Markt, c’est l’occasion pour chacun d’aller faire une exploration du marché culturel de l’année à venir. En fait c’est le lancement de la saison pour Amsterdam. Les principaux acteurs de la vie culturelle viennent présenter un avant gout des spectacles, manifestations, expositions qui vont avoir lieux dans l’année. Tout est gratuit ! Tous les styles artistiques, musicaux sont représentés. Il y en a vraiment pour tous les gouts.
Durant trois jours, dans des sites situés près de centrale station et autour de Leidseplein, la culture se décline à tous les temps !

L’ouest de Java-Eiland, est envahit par des podiums, un chapiteau, des containers réhabilités en stands. Tous les acteurs de la vie culturelle sont là pour présenter leur programme de spectacle de 2009.
La province Noord Holland affiche ses couleurs en haut des mats !

La télévision retransmet certains concerts !

Même sur l’eau le rythme est intense. Les bateaux se succèdent au ponton !

Sur l’UPC Podium, l’orchestre du Concertgebouw interprète magistralement Moussorgski : Schildrijen van een tebtoonstelling sous la direction de Mariss Jansons.


Plus loin des groupes de rock se déchainent.

Les décibels résonnent jusque sur la rive en face.
Bière, frite, glace, rien ne manque !



Au CVA, dans la salle Bernard Haitink, le Duo Vrieswijk-Toxopeus mélange les styles. Le saxophone et le piano se répondent. Une vraie complicité unie les deux musiciens. Ils communiquent leur joie de jouer ensemble.



Au Musikgebouw, des souliers animés jouent des claquettes ! Une à une, des boites, munies de « jambes » articulées, s’animent.
Un clic, un clac. Une botte, un mocassin, une chaussure de chantier tapent du talon ! Dans ce vaste hall, les claquettes résonnent, les spectateurs se regroupent étonnés par la scène.


La Soprano Lenneke Ruiten interprète des chansons de Richard Strauss. C’est un pur moment de grâce.
L’opéra studio nous offre des extraits d’opéra. Humour et émotion sont au rendez-vous.

Pour résumé, c’est une manifestation à ne pas manquer. L’ambiance est chaleureuse, vivante, mouvementé mais toujours avec bonhomie. Ce qui permet de voir des familles déambuler au milieu de cette joyeuse cohue.

jeudi 21 août 2008

Derniers fragments d’un long voyage : Christiane Singer


Un journal de 6 mois, écrit avec générosité, pour exprimer avec force sa joie de vivre et son amour !
Christiane Singer accepte la mort pour en faire le visage même de la vie.
Elle raconte son quotidien, le désarroi, la joie et le bonheur d'être pleinement vivante.
Son corps souffre puis s'apaise.
Son être se nourrit de l'amour des siens ,
de sa capacité à magnifier la vie à en recueillir la sève dans l'instant le plus infime,
des visites,
des descentes dans l'abîme et des montées vers la lumière,
des prières,
de toute cette humanité humble et douloureuse qui fait le quotidien de la maladie.
Elle rayonne d’une force qui illumine ceux qui l’approchent.
Elle partage ses pensées, ses rencontres, ses anecdotes.
Peu de mots concernant les souffrances que lui inflige la maladie, mais une écriture tournée résolument vers la vie.

Citation :

«Ne jamais oublier d'aimer exagérément : c'est la seule bonne mesure.»
«L'amour n'est pas un sentiment. C'est la substance même de la création.»
« Les Vivants n'ont pas d'âge. Seuls les morts-vivants comptent les années et s'interrogent fébrilement sur les dates de naissance des voisins. Quant à ceux qui voient dans la maladie un échec ou une catastrophe, ils n'ont pas encore commencé de vivre. Car la vie commence au lieu où se délitent les catégories.»

«Il n'est que l'expérience menée à terme qui libère.»
«L'éducation n'est qu'un tissage de regards.»
« N'appelles pas Dieu à voix haute, sa source est en toi et si tu n'obstrues pas le passage rien n'en suspend la coulée »
«D'ici je vois plus loin dans la vie et dans la mort que je n'ai jamais été en mesure de le faire. La vue est imprenable et donne le vertige. Ainsi en apprenant tout à l'heure que Titi, une amie de Dorian, avait donné le jour à Johannes, j'ai pleuré comme on pleure peut être pour sa fille.
Je ne fais plus de différence, ou plutôt mon corps ne fait plus la différence entre mien et tien. »

« Faire des plans d'avenir : c'est aller à la pêche où il n'y a pas d'eau. Rien ne se passe jamais comme tu l'as voulu ou craint. Laisse donc tout cela derrière toi. »

« Je croyais jusqu'alors que l'amour était reliance, qu'il nous reliait les uns aux autres.
Mais cela va beaucoup plus loin : nous n'avons pas même à être reliés : nous sommes à l'intérieur les uns des autres. C'est cela le mystère. C'est cela le plus grand vertige. »

« Et puis il y a autre chose encore. Avec cette capacité d'aimer, qui s'est agrandie vertigineusement, a grandi la capacité d'accueillir l'amour. Et cet amour que j'ai accueilli, que j'ai recueilli de tous mes proches, de mes amis, de tous les êtres que, depuis une vingtaine d'années, j'accompagne et qui m'accompagnent - parce qu'ils m'ont certainement plus fait grandir que je ne les ai fait grandir. »

« Et subitement toute cette foule amoureuse, toute cette foule d'êtres qui me portent ! »

« Il faut partir en agonie, il faut être abattu comme un arbre pour libérer autour de soi une puissance d'amour pareille. Une vague. Une vague immense. Tous ont osé aimer. »

«Pourquoi seulement choisir le plaisir quand on peut avoir la joie, la gratitude, la mélancolie même ?»

« Je peux lâcher pour de bon sans me sentir démissionnaire. Une force plus grande est à l’œuvre devant laquelle je peux aussi m’incliner. Toute la journée, cela m’a donné de la force. Cécily me racontait le cri de bête blessée qu’a poussé Axel quand elle lui dit quelques mois avant sa mort de leucémie : « Ton destin est entre tes mains ! Tu peux encore tourner le gouvernail ! » Pareille remarque n’est qu’une violence de plus envers celui qui est entré dans l’acceptation. »

«J'ai par ailleurs la sensation d'avoir plus de place en moi. Ma vie adhérait à moi, me moulait hier encore comme dans un fourreau. Aujourd' hui je me sens comme ces femmes mûres, opulentes, qui ne portent que des vêtements très larges dans lesquels tanguent leurs corps généreux. J'ai gagné de l'espace, je gagne en liberté même si, dans le visible, je fonds. »

"Je vous le jure. Quand il n'y a plus rien, il n'y a que l'amour. Tous les barrages craquent. C'est la noyade, l'immersion. L'amour n'est pas un sentiment. C'est la substance même de la création. »

La fin du livre :

« J'ai reçu par ce livre le lumineux devoir de partager ce que je vivais dans ce temps imparti pour que la coque personnelle se brise et fasse place à une existence dilatée. Ce faisant, j'ai sauvé ma vie en l'ouvrant à tous, puisque toute vie, aussi longtemps qu’on la considère comme quelque chose de séparé et de « solide », se laisse égarer comme une paire de gants ou un parapluie dans la confusion des choses du dehors.
Il n'y a que perdre sa vie qui ait toujours le même visage : ne pas oser parier sur « l'homme intérieur », sur l'immensité qui nous habite. Ne pas oser l'Elan fou, l'Eros fondateur, ne pas plonger vers l'intérieur de soi comme du haut d'une falaise. J'ai plongé. J'ose le dire, oui, cul par dessus tête, j'ai plongé ! »

Tu connaîtras la justesse de ton chemin à ce qu'il t'aura rendu heureux. (Aristote)

Du fond du cœur, merci."


C’est un hymne à la sagesse, au courage, à la paix, à l’amour, à la générosité, à la vie, à la joie, à la foi, à l’espoir. Ce livre m’a profondément touché.
Merci
Bonne lecture à vous qui allez le découvrir !