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vendredi 22 mai 2009

Méditation


Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes.
Dites tout doucement et clairement votre vérité ; et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire.

Évitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.

Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit- elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires ; car le monde est plein de fourberies.
Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d’héroïsme.
Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Tâchez d’être heureux.

Max Ehrmann-1927

"Tâche d'être heureux" c'est aussi ce que dit la rose au petit prince de Saint Exupéry.

Soyons donc heureux !
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Voici une deuxième version du même texte :
Sois serein au milieu du bruit et de l'agitation et songe au calme paisible qui se dégage du silence. Vis en bonne entente avec tout le monde sans pour cela te renier. Expose calmement et clairement tes idées ; et écoute les autres, même celui que tu considères moins intelligent que toi, car eux aussi ont quelque chose à t'apprendre.

Evite les personnes bruyantes et agressives, elles sont un supplice pour l'esprit. Si tu te compares aux autres, tu te sentiras parfois vaniteux et aigri, car il y en en aura toujours de plus grands et de plus petits que toi. Réjouis-toi de tes réussites comme de tes plans.

Si modeste que soit ta carrière, occupe-t'en car elle est réellement une richesse dans un monde instable. Sois prudent en affaires car le monde est plein de tricheries. Mais garde les yeux grands ouverts devant ses beaux côtés ; beaucoup recherchent un idéal élevé et font preuve de grand courage.

Reste toi-même ; ne simule surtout pas la tendresse. Mais ne parle pas non plus de l'amour cyniquement ; car en présence de l'indifférence et du désenchantement, il est aussi vivace que l'herbe.

Accepte sans amertume la sagesse des années en échange de ta jeunesse. Fortifie ton esprit, il te soutiendra en cas de malheur soudain. Mais ne te laisse pas entraîner par ton imagination, l'angoisse naît souvent de la fatigue ou de la solitude. Impose-toi une saine discipline, mais reste néanmoins indulgent envers toi-même.

Tu es un enfant de l'univers tout comme les arbres et les étoiles ; tu as le droit d'exister. Et même si cela échappe à ta compréhension, l'univers poursuit son évolution.
Donc, vis en paix avec Dieu, quelle que soit la manière dont tu Le conçois ; et quels que soient tes actes et tes aspirations, vis en paix avec ta conscience dans ce monde bruyant.

Malgré toutes ses hypocrisies, ses tracas et ses rêves envolés, la vie est quand même belle. Reste vigilant. Tends inlassablement vers le bonheur.

Max Ehrmann (1872-1945), Desiderata

dimanche 16 novembre 2008

La légende du grand inquisiteur de Dostoïevski

Détour par un texte d’anthologie : la légende du grand inquisiteur de Dostoïevski.

Le grand roman des ''Frères Karamazov'' de Dostoïevski se déroule en six jours. Il met en scène différents aspects du mal amenant au crime, à la folie, à l’athéisme. Au livre cinquième, Ivan Karamazov, qui incarne l’athée révolté par le silence de Dieu devant la souffrance de l’innocent et le mal, raconte à son jeune frère Aliocha une légende qu’il a imaginée. Jésus revient sur terre et comme la première fois est condamné à mort. La veille de son exécution, le cardinal Grand Inquisiteur lui rend visite et lui dit : « Je sais qui tu es, je te reconnais. Mais que viens-tu faire ? Depuis ton passage sur terre, l’institution a corrigé ce que ton message avait d’anarchique. Nous avons canalisé les germes de désordre qu’il y avait dans ton message de liberté. Tu nous a apporté la liberté, nous l’avons séquestrée, mais en échange nous avons donné du pain aux hommes ».
Comme Judas, le cardinal est prêt à se damner pour maintenir l’ordre aux dépens de la liberté.

Extrait : ''Le Grand inquisiteur''

'' Pourquoi es-tu venu nous déranger ? Car tu nous déranges, tu le sais bien. [...] As-tu le droit de nous révéler ne fut-ce qu’un seul des secrets du monde dont tu viens ? '' et, sans attendre la réponse, il ajoute aussitôt : '' Non, tu n’en as pas le droit, tu ne dois rien ajouter à ce qui a été dit dans le passé afin de ne pas priver les hommes de cette liberté que tu prisais si haut au temps où tu vécus sur la terre. Tout révélation nouvelle que tu apporterais constituerait une atteinte à la liberté de la foi, car elle paraîtrait miraculeuse. Or, tu jugeais, il y a quinze siècles, qu’il était essentiel d’assurer la liberté de la foi. […] L’Esprit redoutable et profond, l’Esprit de la destruction et du néant, t’a parlé dans le désert, et les Écritures nous rapportent qu’il t’a tenté, n’est-ce pas ? Peut-on imaginer, en fait, de plus grandes vérités que celles qu’il t’a présentées dans ses trois questions ? Tu les as repoussées alors et les Livres saints les ont qualifiées de “tentations”. Pourtant, s’il y eut jamais sur la terre un grand miracle, un miracle authentique, ce fut ce jour-là qu’il se réalisa, et dans ces trois tentations. Le seul fait d’avoir posé ces trois questions constituait un miracle. […] Elles attestent qu’il ne s’agissait pas d’une intelligence humaine ordinaire, mais d’un Esprit éternel et absolu. Car elles contiennent en elles, car elles englobent toute l’histoire ultérieure de l’humanité et offrent trois symboles dans lesquels se résolvent les contradictions insolubles de la nature humaine. [...] Tout avait été prévu dans ces trois questions et elles se sont réalisées si complètement qu’on ne pourrait rien y ajouter ou en retrancher désormais.Juge toi-même par conséquent : Qui avait raison de toi ou de celui qui t’interrogeait ? Souviens-toi de la première de ces questions, pas textuellement mais de son sens général : “Tu veux aller vers les hommes et tu vas vers eux les mains vides, avec, seulement, la promesse d'une liberté qu’ils sont incapables de comprendre dans leur simplicité et leur indignité natives, dont ils ont peur par surcroît, car il n’y a et il n’y a jamais eu d’état plus intolérable aux hommes et à la société que la liberté. Vois-tu ces pierres dans le désert aride et brûlant ? Change-les en pains, et l’humanité accourra vers toi tel un troupeau affamé ; elle te sera reconnaissante et soumise, mais tremblera sans cesse de te voir retirer tes mains et d’être privée de pain.” Mais tu n’as pas voulu priver l’homme de la liberté et tu as rejeté l’offre, en te disant qu’il n’y aurait plus de vraie liberté là où l’obéissance s’achèterait par le pain. Tu as répondu que l’homme ne vit pas de pain seulement. Ne savais-tu donc pas que l’Esprit de la terre se dresserait contre toi au nom de ce pain terrestre précisément, qu’il lutterait contre toi et te vaincrait ? […] Des siècles s’écouleront et un jour viendra où la sagesse et la science humaines proclameront l’inexistence du mal et, par suite, du péché, affirmant qu’il y a seulement des affamés. “Nourris-les et tu les rendras vertueux !” C’est avec ce cri qu’on lèvera l’étendard contre toi et qu’on détruira ton temple. […] Ils finiront par jeter leur liberté à nos pieds en nous* disant : “Asservissez-nous, mais nourrissez-nous.” Ils comprendront eux-mêmes que la liberté n’est pas compatible avec le pain terrestre et ne leur permet pas d’en avoir chacun à suffisance, car jamais ils ne parviendront à le partager équitablement […].Mais qu’est-il arrivé ? Au lieu de te rendre maître de la liberté humaine, tu as voulu l’accroître encore. As-tu donc oublié que l’homme attache plus de prix à la tranquillité de son âme et même à la mort qu’à la faculté du libre choix dans la connaissance du bien et du mal ? Rien de plus séduisant à première vue que la liberté de conscience, mais rien n’est plus torturant en réalité. […] Au lieu de maîtriser la liberté humaine, tu l’as amplifiée et tu as multiplié ainsi à l’infini les tourments qu’elle engendre dans l’âme des hommes. Tu voulais que les hommes te donnent librement leur amour et qu’ils te suivent de leur plein gré, charmés et séduits par ta personne. Tu as aboli la dure, mais solide loi antique, et l’homme devait discerner lui-même désormais, par le jugement spontané de son cœur, le bien et le mal, n’ayant pour se guider dans ses hésitations que ton image devant ses yeux. Ne prévoyais-tu pas que, ployant sous le terrible fardeau de leur libre arbitre, les hommes en viendraient un jour à rejeter ton image et à mettre en doute ton enseignement ? Ils finiront pas proclamer que la Vérité n’était pas en toi, car il était impossible de les livrer à une plus grande confusion et à de plus terribles tourments que tu ne l’as fait en leur laissant tant d’inquiétude et de problèmes insolubles. Tu leur as fourni toi-même des armes pour détruire ton Royaume, et tu ne dois donc accuser personne de sa ruine.Est-ce cela pourtant qu’on t’avait proposé ? Il n’existe que trois forces sur la terre, trois forces seules qui soient capables de vaincre pour les siècles la conscience de ces faibles révoltés et de la subjuguer pour leur propre bonheur. Ce sont le miracle, le mystère et l’autorité. Tu les as repoussées toutes les trois. […] Je te le jure, l’homme est plus faible et plus vil que tu ne le croyais ! Est-il capable, lui l’infime, d’accomplir ce que tu as accompli ? En lui témoignant tant de respect, tu t’es comporté comme si tu avais perdu ta compassion pour lui, car tu lui as trop demandé, toi qui l’as aimé plus que toi-même ! Si tu l’avais moins estimé, tu aurais moins exigé de lui, et cette attitude eût été plus proche de l’amour, car sa tâche aurait été moins lourde. L’homme est faible et lâche. […] Nous avons corrigé ton renoncement héroïque au miracle et nous avons fondé ton action sur le surnaturel, le mystère et l’autorité. Les hommes se sont réjouis d’être de nouveau conduits comme un troupeau et d’être délivrés du don funeste que tu leur avais fait, cause de tant de tourments pour eux. […] Sous notre houlette, par contre, les hommes seront heureux et renonceront à se révolter. Ils ne s’extermineront plus comme ils le font aujourd’hui partout à la faveur de la liberté que tu leur a léguée. Nous saurons les convaincre d’ailleurs qu’ils ne seront libres qu’à partir du moment où ils auront renoncé à faire usage de leur liberté et nous l’auront sacrifiée dans un esprit de soumission sans retour. […] Nous donnerons un bonheur humble et paisible à ces êtres faibles et lâches, le seul qui leur convienne. […] Nous leur permettrons même de pécher puisqu’ils sont si faibles et ils nous aimeront comme des enfants à cause de notre tolérance. […] ''S’étant tu, le Grand inquisiteur attendit une réaction de son prisonnier. Son silence lui pesait. Le captif s’était borné, pendant qu’il parlait, à fixer sur lui un regard doux et pénétrant, visiblement résolu à ne pas entrer en discussion. Le vieillard aurait préféré qu’il lui répondît quelque chose, fût-ce en lui disant des choses amères ou terribles. Sans prononcer un mot, il s’approcha soudain du vieillard et l’embrassa avec douceur sur ses lèvres exsangues de nonagénaire. Ce fut toute sa réponse. L’inquisiteur tressaille sous ce baiser, et quelque chose tremble aux coins de sa bouche. Il se dirige vers la porte, l’ouvre et lui dit : ''Va, maintenant, et ne reviens plus… plus du tout… plus jamais, jamais !''

Noël s’en vient avec son cortège de cadeaux !
Les yeux des enfants brillaient aujourd’hui car Saint Nicolas débarquait à Amsterdam !
Bonbons, sourires et chansons à tous les étages, génial.
Mais que se passerait-il dans notre société s’Il revenait aujourd’hui ? De quoi nourrir une saine réflexion !

mercredi 12 mars 2008

La Pâque ou Pâques ?


L'origine du mot Pâque : Pessa'h est un mot hébreu qui veut dire "Passage".
"La pâque" fait référence à la fête Juive, "Pâques" au pluriel à la fête des Chrétiens.

Dans la bible, le livre de l'exode (12,11), on trouve le passage de la mer rouge.
En 1300 avant Jésus Christ, le Pharaon avait pour esclave le peuple Juif. Dieu entend la souffrance de son peuple. Il dit à Moïse qu'il a pour mission de délivrer son peuple et de le conduire au delà du désert, vers une terre nouvelle.
Les hébreux partent précipitamment, conduits par Moïse. Ils fuient vers la mer Rouge. Dieu écarte les eaux de la mer rouge pour permettre à son peuple de Passer à pied sec. L'armé de pharaon les poursuit et les egyptiens sont engloutis par les flots qui se referment sur eux.

La Pâque Juive fête le passage de la mer Rouge.
Pendant une semaine, ils ne mangent plus d'aliments contenant du levain. Cela rappel leur départ précipité sans avoir le temps de faire lever les pains. Le soir de la Pâque ils partagent un grand repas.

Jésus était juif, donc chaque année, il célébrait la Pâque. Au début des années 30, Jésus parcourt les routes de Galilée. Une semaine avant Pâque, il entre dans Jérusalem (c'est pour les chrétiens le dimanche des rameaux), acclamé pour la foule. Tous brandissent des rameaux d'olivier et des palmes comme s'ils accueillaient un grand roi.

Quatre jours plus tard, Jésus fête la Pâque avec ses disciples. C'est le dernier repas qu'il prend avec eux (c'est pour les Chrétiens la Cène : repas du soir commémoré le Jeudi Saint). Cette nuit là, il est trahi pas Judas, arrêté, conduit devant Pilate, le gouverneur Romain. Il est flagellé, condamné à mort et il meurt, cloué sur une croix au Golgotha (c'est pour les Chrétiens la Passion commémorée le Vendredi saint).
Puis il est enterré sur le mont des Oliviers.

Trois jours après la mort du Christ, des femmes découvrent son tombeau vide. La pierre tombale a été roulée sur le coté, son linceul est vide. Jésus apparait vivant à Marie Madeleine.

Marie Madeleine annonce la bonne nouvelle : il est ressuscité ! Nombreux sont ceux qui vont le rencontrer ou être témoins de miracles. Certains juifs, ainsi que des païens, deviennent disciples du Christ. Le christianisme est né de cette bonne nouvelle, Christ est ressuscité (c'est ce que fête les Chrétiens le Dimanche de Pâques).

Le dimanche de Pâques est toujours fixé le dimanche qui suit la première pleine lune après l'équinoxe de Printemps !

Mais et l'œuf dans tout cela ?

L'œuf est associé à l'origine du monde et au retour du printemps.
En Perse, le jour de l'an c'était l'équinoxe du Printemps et l'on offrait des Œufs décorés.
Cette tradition persiste en Europe centrale.
L'œuf, symbole de vie est associé à la fête de la vie nouvelle!
"Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !" disent les Orthodoxes en s'échangeant des œufs bénits.



Et les cloches de Pâques !
Pendant la messe du Jeudi Saint, elles sonnent à toute volée le chant du gloria (gloire à Dieu) puis se taisent jusqu'à la nuit de Pâques.
Il parait que les cloches vont à Rome voir le Pape et au retour elles annoncent la résurrection du Christ.

Pâques,
c'est la fête de la vie,
la fête de l'espérance,
la fête du renouveau !

mardi 4 mars 2008

Thomas Dekker : Réveil/Awaken


Me réveiller chaque matin avec un sourire pour éclairer mon visage ;
saluer le jour qui se lève en pensant à tout ce qu'il contient de promesses ;
me remettre au travail avec un esprit neuf ;
ne pas cesser de voir, même à travers les plus petites choses, le dessein ultime que je poursuis sans relâche ;
croiser des hommes et des femmes, avec le rire aux lèvres et l'amour dans le cœur ;
être aimable, prévenant et courtois à toute heure de la journée ;
atteindre le soir avec cette fatigue qui appelle le sommeil et la satisfaction que procure le travail bien fait.
Voilà de quelle façon j'aspire à consommer mes jours dans la sagesse.

“To awaken each morning with a smile brightening my face;
to greet the day with reverence for the opportunities it contains;
to approach my work with a clean mind;
to hold ever before me, even in the doing of little things, the Ultimate Purpose toward which I am working;
to meet men and women with laughter on my lips and love in my heart;
to be gentle, kind, and courteous through all the hours;
to approach the night with weariness that ever woos sleep and the joy that comes from work well done -- this is how I desire to waste wisely my days.”

Thomas Dekker (vers 1570-1641)
Auteur de théâtre vivant de sa plume, il a participé à la rédaction d'au moins quarante-deux pièces. Au cours d'une querelle connue sous le nom de « guerre des poètes » ou de « guerre des théâtres », il fut tourné en ridicule par Jonson dans Le Poétereau (The Poetaster, 1601) ; Dekker lui répondit par sa Satiromastix (1602), écrite en collaboration avec John Marston. (cf universalis)
Enjoy

dimanche 3 février 2008

Sur le mot apartheid,

Sur le mot apartheid, PJ Brassac, extrait :

« Le besoin de mettre à part est à ce point une constante du comportement de l’être humain, pour se positionner et agir dans le monde, que celui-ci finit par créer des catégories morales cloisonnées.
En se mettant à part des autres, il justifie le fait-ses propres actions ayant des fins spécifiques- d’avoir recours à des moyens qui le sont aussi.
Tel élu du peuple veut croire que son mandat l’autorise à des calculs et des transactions qui seraient illicites pour d’autres. Il pense, sans jamais oser le proclamer que le pouvoir le divinise et le place au-dessus des lois. Simone Weil stigmatise la tendance des hommes d’affaires à se conduire comme si leurs faits et gestes procédaient d’une logique séparée, selon laquelle la fin justifie les moyens.
Ainsi, chaque microcosme se justifie lui-même à travers un tissu d’arguments internes imprononcés, qui soutiennent par avance toutes ses actions. »

Nature humaine quand tu nous tiens !
A méditer….

mardi 29 janvier 2008

Conte : les trois portes

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent.
Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.
"Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda le Prince.
"Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi."




Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".
"C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d'autres ne me conviennent pas." Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.
Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du cœur.
Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.
Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande : "Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas".
"C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise." Et il disparut.



Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES"
"C'était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration." Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.
Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses."
"Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.



Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MEME".
"Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qui me reste à faire," se dit-il. Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.
Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda : « Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à briser."
"C'est bien" dit le Sage.
"Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise."
"C'est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru." Et il disparut.



Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait "ACCEPTE-TOI TOI-MEME."
Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l'autre sens. "Quand on combat on devient aveugle", se dit-il. Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.
Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement."
"C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte."


A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut "ACCEPTE LES AUTRES". Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu.
Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. "Qu'as-tu appris sur le chemin ?"demanda ce dernier.
"J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement."
"C'est bien" dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut "ACCEPTE LE MONDE".
Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ?
Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda."Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement."
"C'est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde."
Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita. "Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence"
Et le Vieil Homme disparut.

mercredi 23 janvier 2008

Betty and Tom

Ce matin, j'ai appris que des amis Irlandais sont dans la peine.
Leur fille...Emer....34 ans de vie...a choisit de la quitter...au Malawi...ou elle était infirmière volontaire dans une clinique.
Que dire, que faire pour leur apporter un peu de réconfort ?

Alors je reviens vers celle qui peut éclairer cette partie du chemin, difficile à comprendre et accepter, même si l'on a la foi chevillée au corps.


J'ai trouvé une transcription d'une interview, par 4 chemins, d'Elisabeth Kübler-Ross, sur radio canada, le 11 juin 1998.

Les mourants et la mort

Pour commencer une devinette. Voici ce qu'écrit la personne dont je vais vous parler :

" Le docteur B., une femme âgée, prétendait avoir des dons de voyance. Nous étions les premières triplées à l'accouchement desquelles elle ait participé. Elle se mit à scruter méticuleusement nos visages et fit à ma mère des prédictions sur chacune d'entre nous. Elle dit qu'Éva, née la dernière resterait toujours " la plus chère au cœur de sa mère " tandis qu'Erika, la deuxième choisirait toujours " la voie du milieu. " Puis, le docteur B., me désignant d'un geste, expliqua que j'avais montré la voie aux deux autres et ajouta " vous n'aurez jamais à vous inquiéter de celle-là. "

Qui était-elle? [Rires…]

Pour vous aider à vous situer dans le temps, je peux vous dire que j’ai parlé de cette personne à la radio à plusieurs reprises autour de 1971 ou 1972. Puis en 1975, paraissait un ouvrage très important, dont j'ai eu l'occasion de reparler par la suite. En parlant de son travail, j’ai abordé un sujet qui m’intéressait beaucoup : les soins palliatifs. Non pas que je m'occupe de l'accompagnement des mourants en phase terminale, mais j'ai été l'un des premiers membres du conseil d'administration de Palli-Ami, organisme associé à ce genre de question au sujet de la mort, des mourants etc.

Il s'agit d'Elisabeth Kübler-Ross, qui a d'abord écrit On Death and Dying, Les derniers instants de la vie, paru en anglais en 1975, puis en français un peu plus tard; cet ouvrage a été réédité récemment chez Fidès.

Cette femme est certainement à mon sens et avec le recul - je me dis parfois que l'âge procure certains avantages – l’une des personnes les plus importantes du siècle.
C’est à travers un monde matérialiste à outrance qu’elle s'est occupée d'une question dont tout le monde semblait vouloir se défaire : la mort et les mourants, l’aboutissement naturel de la vie de chacun d'entre nous. Elle a accompagné dans la mort des milliers de gens, puisqu'elle ne fait que cela depuis le début des années 1970, jusqu'à tout récemment où elle a pris une forme de retraite.
Elle a publié dernièrement The Wheel of Life: A Memoir of Living and Dying, traduit en français sous le nom de Mémoires de vie Mémoires d'éternité.
Je me suis plongé là-dedans et j'ai redécouvert cette grande dame de notre époque, et j’ai eu envie de partager cette redécouverte avec vous.

" Des années durant, j'ai été poursuivie par une réputation exécrable, par des gens qui me considéraient comme la Dame des " Derniers instants de la vie " (son premier ouvrage). Ils pensaient qu’avoir passé plus de trois décennies à poursuivre des recherches sur la mort et la vie après la mort me rendait automatiquement experte en la matière. Je crois qu'ils sont à côté de la question. Le seul fait indéniable concernant mon travail, a trait à l'importance de la vie. J'ai toujours dit que la mort peut constituer l'une des plus grandes expériences que l'on puisse connaître. Si vous vivez chaque jour de votre existence dans la droiture, alors vous n'avez rien à craindre d'elle. Peut-être ce livre, qui est certainement mon dernier, éclaircira-t-il ce point. Il suscitera sans doute également quelques questions nouvelles et pourra peut-être même en fournir les réponses. "

Dans sa maison de Scottsdale en Arizona, où elle s'est retirée depuis quelques années, elle parle de la petite fille qu'elle a été, son enfance en Suisse, destinée à devenir une femme au foyer, gentille et bigote, comme tant d’autres Suissesses etc.

" Certaines de mes opinions sont non conformistes. Ainsi par exemple, ces dernières années, j’ai souffert d’une demi-douzaine d’attaques cérébrales, parmi lesquelles une petite crise juste après Noël 1996. Mes médecins m’ont mise en garde, me suppliant d’arrêter le café, les cigarettes et le chocolat. Mais je continue toujours à m’adonner à ces petits plaisirs. Pourquoi pas? C’est ma vie après tout! "

Elisabeth Kübler-Ross, est une de ces bonnes femmes impossibles, une de ces entêtées, une obstinée...

" C’est ainsi que j’ai toujours été. Je suis très indépendante, têtue comme une mule, et un peu déséquilibrée, alors c’est comme ça que je suis et c’est tout. " En parlant du puzzle de sa vie elle dit : " Tout ce qui m’est arrivé devait m’arriver. Mon destin était de m’occuper des mourants. Je n’ai pas eu le choix lorsque j’ai rencontré mon premier atteint du Sida. " Elle est médecin au départ : " J’ai eu le sentiment qu’on me demandait de parcourir 400 000 km chaque année pour animer des séminaires afin d’aider les gens à gérer les aspects les plus douloureux de la vie, de la mort et de la période intermédiaire. Plus tard dans ma vie, une force irrésistible m’a incitée à acheter une ferme de 120 hectares dans la campagne virginienne ".
Et c’est là qu’elle a créé un centre d’accueil d’une part, qui est en même temps un centre de formation pour des personnes qui s’occupent de l’accompagnement des mourants.

J’ai retenu ces trois phrases dans l’introduction de son ouvrage :

" Tout le monde traverse des difficultés dans la vie; plus vous en aurez, et plus vous apprendrez et évoluerez "
Voilà qui est encourageant si ce n’est pas totalement désespérant, cela dépend du point de vue que l’on adopte bien sûr!
" L’adversité ne peut que vous rendre plus fort "
" Dès lors que vous aurez appris vos leçons, la douleur disparaît."

Puisqu’il s’agit de sa biographie, elle nous reparle de sa découverte de la mort, de l’expérience de la mort des autres, puis de tout ce qu’elle a vécu autour et alentour de ce phénomène, qui est considérable. C’est probablement la personne qui est allée le plus loin dans ce genre de recherches, avec Stanislav Grof.
" Les données rassemblées par l’observation auprès de mourants, m’ont convaincue qu’il ne s’agissait pas de pures coïncidences ou d'hallucinations, ce que les mourants vivaient ou avaient vécu. Un moment, ces découvertes remarquables m’ont conduites à une conclusion scientifique encore plus remarquable. La mort n’existait pas, en tout cas pas dans sa définition traditionnelle. J’avais le sentiment que toute définition nouvelle devrait aller au-delà de la mort du corps physique. Elle devrait prendre en compte la preuve que nous détenions, selon laquelle l’homme a également une âme et un esprit, une raison supérieure de vivre, un sens de la poésie, quelque chose de plus que la simple survie, quelque chose d’immortel. Les patients mourants qui étaient passés par les cinq stades déclaraient ensuite : une fois que nous avons accompli tout le travail pour lequel on nous avait envoyés sur terre, nous sommes autorisés à abandonner notre corps lequel emprisonne notre âme comme le cocon enferme le futur papillon "
Ce qui ressemble beaucoup à la formule qu’emploie Platon quand il dit que " L’âme est prisonnière du corps comme d’un tombeau ". Pour nous, c’est une formule qui paraît un peu froide comme ça, mais en grec, il y a un jeu de mots entre " soma ", le corps, et " sema " qui est le tombeau!
Les cinq phases en question, on ne les vit pas nécessairement dans le même ordre où elle les définit. Dans le film All that Jazz, on raconte la mort d’un chorégraphe et son passage à travers justement ces cinq étapes définies par Mme Kübler-Ross. C’est intéressant de constater que le scénario a été bâti à partir de ses observations.

Processus de la mort

" Selon les interviews que j’ai rassemblées, le processus de la mort se décomposent en plusieurs phases distinctes "

Elle en a identifié quatre :

" Première phase : Les gens flottent au-dessus de leur corps. Peu importe si les gens mouraient dans une salle d’opération ou dans un accident de voiture, ou encore s’ils s’étaient suicidés, tous ont rapporté avoir eu pleinement conscience de ce qui se passait autour d’eux au moment de leur mort. Ils quittaient leurs corps, tel des papillons qui sortent de leurs chrysalides. [...] Les sujets faisaient en outre l’expérience de la plénitude. Par exemple, si de son vivant quelqu’un était aveugle, il retrouvait la vue dans l’autre monde.
À ce stade, les sujets avaient abandonné leurs corps derrière eux et rapportèrent qu’ils étaient dans un état de vie " post mortem " que l’on peut seulement définir comme spirituel et énergétique. Ils étaient rassurés de constater qu’aucun être humain ne meure dans la solitude. Quelles que soient les circonstances ou le lieu de leur mort, ils pouvaient se rendre où ils voulaient à la vitesse de leur pensée. Certains affirmèrent qu’il leur suffisait de penser à la détresse des membres de leu famille pour se retrouver instantanément auprès d’eux. [...]
D’ailleurs les témoignages abondent là-dessus. Evidemment, avec la technologie qui permet de procéder à des réanimations de personnes qui étaient rendues très proches ou très loin de la mort, on a plus de ce genre de témoignages. Certains qui sont allés très près de " l’autre côté " sont revenus et ont affirmé avoir vécu ce genre d’expérience-là.
La troisième phase. On pénètre, disent les sujets, dans ce que l’on décrit habituellement comme un tunnel, ou un seuil transitionnel - bien que ces personnes, pour évoquer cet endroit, aient utilisé diverses images - un pont, un défilé entre deux montagnes, un joli ruisseau - et au bout de celui-ci, ils voyaient toujours une lumière brillante. Lorsque leurs guides les ont rapprochés de cette lumière, ils ont senti qu’elle irradiait une chaleur, une énergie, une force spirituelle et un amour intenses. La lumière, disaient-ils, est la source suprême de l’énergie de l’univers.
Les sujets rapportent s’être trouvés en présence de la Source Suprême, de quelque chose qui est indéfinissable mais que certains ont appelé la Source, certains l’appelaient Dieu. D’autres indiquèrent simplement s’être sentis entourés de tous les instruments de connaissance, passés, présents, futurs etc. "
" La conclusion fondamentale que j’ai tirée de tout cela c’est que les êtres humains, qu’ils soient riches ou pauvres, Américains ou Russes, ont des besoins et des soucis similaires. En fait, je n’ai jamais rencontré une personne dont le plus grand besoin n’ait été l’amour inconditionnel. "

Si je devais tirer l’essentiel de son propos, ce serait :
" Ce que la mort enseigne, c’est la vie, comment vivre la vie. "

Son dernier chapitre s’intitule justement Sur la vie et la façon de vivre et elle écrit :
" C’est bien dans mon style d’avoir d’ores et déjà prévu ce qui va se passer. Ma famille et mes amis viendront du monde entier, traverseront le désert jusqu’à ce qu’ils tombent sur un petit écriteau planté sur une piste poussiéreuse et sur lequel on peut lire Elisabeth, puis atteindront le Tipi indien et le drapeau suisse qui flotte très haut au-dessus de ma maison de Scottsdale. Certains me pleureront. D’autres auront compris à quel point je serai enfin soulagée et heureuse. Ils mangeront, échangeront des anecdotes, riront, pleureront et à un moment donné, lâcheront des douzaines de ballons gonflés à l’hélium. Qui donneront au ciel une apparence surnaturelle. Bien entendu ... je serai morte ".
C’est une directive qu’elle est en train de donner à ses successeurs, j’ai l’impression. Au fait, pourquoi pas, organiser une cérémonie d’adieu pour fêter l’événement…
" À 70 ans, moment ou j’écris ces lignes, je peux dire que j’ai vécu pleinement. À ma naissance je ne pesais que deux livres et des poussières et on ne s’attendait pas à ce que je survive. Par la suite, j’ai passé la plus grande partie de ma vie à combattre le Goliath que sont les forces de l’ignorance et de la peur. Tout ceux qui sont des familiers de mon œuvre savent que pour moi la mort peut constituer une des plus grandes expériences de la vie. Tout ceux qui me connaissent personnellement peuvent témoigner de mon impatience de quitter ce monde de souffrances et de luttes pour rejoindre le royaume de l’amour infini. "

Elle parle de sa " dernière leçon, celle de la patience " qui est très difficile à vivre, car il faut se la représenter comme une femme d’action qui a parcouru le monde, qui a soigné, vécu, d’un rendez-vous à l’autre, etc. Une femme très peu conformiste.

Sa dernière leçon, celle de la patience, me fait aussi penser à Alexandra David-Néel qui a traversé l’Himalaya à pied; une autre aventurière étonnante. À la fin de sa vie, elle était condamnée à mettre une heure et quart à descendre l’escalier du premier étage au rez-de-chaussée…
" Ma dernière leçon, celle de la patience n’a pas été de tout repos. Ces deux dernières années, à cause d’une série d’attaques cérébrales, je me suis retrouvée complètement dépendante des autres pour les moindres gestes de la vie quotidienne et pour les soins qui doivent m’être prodigués. Je dois me battre tous les jours pour descendre de mon lit, m’asseoir sur mon fauteuil roulant, aller à la salle de bains et en revenir. Depuis deux ans, je ne souhaite qu’une chose : quitter mon corps à l’image du papillon qui sort de sa chrysalide pour me fondre enfin dans la grande lumière.[...] Le seul intérêt de cette lente approche de la transition finale a été le temps que j’ai pu ainsi consacrer à la contemplation.[...] libérés comme le papillon, nous serons libérés de toute souffrance, de toute peur et de tout souci... nous serons libres comme un magnifique papillon qui retourne chez lui au royaume de Dieu... Un endroit où nous ne sommes jamais seuls, où nous continuons de grandir, de danser, de chanter, où nous retrouvons ceux que nous avons aimés et où nous sommes enveloppés d’un amour infini et inimaginable. "
Vous n’êtes pas obligés de partager sa vision des choses mais c’est intéressant de prendre note de son point de vue.
" Le plus grand cadeau que Dieu nous ait fait est le libre arbitre. "
" Si l’on avait protégé des ouragans les terrains où se sont creusés les canyons, vous ne pourriez pas contempler ces paysages fantastiques que l’érosion a sculptés au fil des siècles. "
" La seule raison d’être de la vie est l’évolution. La leçon suprême de la vie est d’apprendre à aimer et à être aimé de manière inconditionnelle. "

Lien avec le site de la transcription : http://www.radio-canada.ca/url.asp?http://www.radio-canada.ca/Par4/accueil.html

vendredi 20 juillet 2007

Via da la Plata


Une digression dans ma vie Amstellodamoise.

Je viens de recevoir le bulletin interne des Amis de Saint Jacques des Landes.
Un texte très beau m’a émue, alors je vous le livre :

La Via de la Plata
De Séville à Caceres -300km-

Jacques et moi, après avoir usés nos semelles du Puy en Velay à Saint Jacques de Compostelle, avons choisi de cheminer sur la Via Plata. Nous voici donc partis de Séville sous le soleil brûlant de L’Andalousie (même en octobre), jusqu’à Caceres noyée sous les pluies diluviennes de l’Estrémadure.

Le chemin que l’on suit

D’abord il y a le chemin que nous avons suivi. Magnifique, entre vignes et oliviers, orangers et champs de coton, terre nues à l’infini et bois de chênes-lièges où sont élevés les cochons, vaches, moutons…
Un chemin qui suit, jusqu’à Zamora ou Astorga, l’antique voie romaine de Séville, dans le sud de l’Espagne, à Gijón sur l’Atlantique, au nord. Autrefois, de Cadix, port de grand commerce à l’ouest de Gibraltar, des bateaux chargés de marchandises diverses, rejoignaient l’embouchure du Guadalquivir et remontaient le fleuve jusqu’à Séville. De là, les marchandises transitaient par La Via Plata jusqu’au nord de l’Espagne vers le port de Gijón.
Sur cette voie, les vestiges romains abondent (prendre le temps de visiter Mérida). Plus tard, les Maures l’emprunterons et laisserons eux aussi, des merveilles architecturales.
Via de la Plata donc, et vous l’avez compris, pas seulement un chemin d’histoire et de commerce, mais LE CHEMIN.
A chaque croisement, une flèche jaune, une borne parfois un petit tas de pierres, une croix… Impossible de se tromper, nul besoin de boussole. Toutefois, en ville, ce fut parfois plus difficile car rien ne signale la direction du refuge, ni les auberges.

Le chemin que l’on fait

Puis il y a le chemin que nous faisons, jour après jour, pas après pas. Souvent seuls dans l’immense nature, sans croiser une seule âme, sans traverser un seul village de la journée.
Nous avons marché avec quelques vivres dans le sac, mais surtout, deux litres d’eau chacun. Nous nous sommes arrêtés dans des refuges-peu nombreux_ dans des hôtels, chez l’habitant ou encore une fois, dans un monastère. Nous avons aussi fait halte dans les « auberges touristiques »-anciens monastères ou autres bâtiments restauré, offrant pour un prix modeste des lits confortables en dortoir, parfois un repas, parfois un petit déjeuner. Partout nous avons été accueillis avec chaleur et sourire : par la Señora Molina à Real de la Jara, Magdalena à Fuente de Cantos, Juan à Merida, Anna à Eljucen…
Des passants nous ont abordés pour parler un moment avec nous. Nous avons rencontré des bergers, des homes te des femmes des villes et des champs curieux de savoir d’où nous venions, où nous allions, et toujours prêts à nous rendre service. Quel accueil !
Nouas avons rencontré quelques autres pèlerins (peu nombreux en cette saison). Il y a eut Francisco de Cuenta, Luis de Grenade, Ernesto de Séville et d’autres d’ailleurs, de plus loin : Québec, Pays-Bas, Allemagne, USA, et avons partagé avec chacun un moment de chemin, une soirée de refuge, un repas, une discussion.
Nous avons gouté aux spécialités locales : épinards et pois chiches au cumin, tortillas, poissons, soupes, liqueur de grand chêne…
Nous avons été en forme, fatigués, joyeux, énervés, tous les sens à fleur de peau, lourds, légers, enthousiastes, découragés, étonnés…toujours émerveillés.

Le chemin que l’on est

Alors le chemin que nous sommes s’est dessiné lorsque la marche extérieure est devenue marche intérieure, lorsque l’humeur accroché aux vêtements, aux variations du temps s’est apaisée, lorsque les pensées en vadrouille se sont arrêtées et on laissé place à une joie qui ne dépendait plus des conditions extérieure, mais puisait sa source dans l’infini du chemin à la source même de la vie. Et nous avons chanté, l’âme en bandoulière, le cœur ouvert, au rythme de nos pas.
L’an prochain nous repartirons. Et si à Caceres un chemin de pierres nous attend, en nous, celui de Saint Jacques serpente sans fin.

(Jacques et Jacqueline V-D)

dimanche 20 mai 2007

Pause


« Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez vous de la paix, qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons terme avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité et écoutez les autres même le simple d’esprit. Ne vous comparez à personne : vous risqueriez de devenir vaniteux. Il y a toujours plus grand et plus petit que vous… Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressé à votre carrière, si modeste soit elle : c’est une véritable possession dans les priorités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe : plusieurs individus recherchent les grands idéaux et partout la vie est remplie d’héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié ! Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce a votre jeunesse. Fortifiez une prudence d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères ! De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude… Au delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant d l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles : vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quelle que soient vos travaux et vos rêves. Gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix de votre âme. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brises, le monde est pourtant beau ! Prenez attention….Tachez d’être heureux. »
Trouvé dans une église de Baltimore en 1692

Le style est tout à fait désuet, mais le contenu est d'actualité et interpelle toujours!

dimanche 6 mai 2007

Un Monde

Voilà j'ai pioché cela sur un blog, cela mérite réflexion!

Si on pouvait réduire la population du monde en un village de 100 personnes tout en maintenant les proportions de tous les peuples existants sur la Terre, ce village serait composé de :

57 asiatiques
21 européens
14 américains (Nord, Centre et Sud)
8 africains

Il y aurait :

52 femmes et 48 hommes
30 blancs et 70 non blancs
30 chrétiens et 70 non chrétiens
89 hétérosexuels et 11 homosexuels

6 personnes posséderaient
59% de la richesse totale et tous les 6 seraient américains

80 vivraient dans des maisons vétustes
70 seraient analphabètes
50 souffriraient de malnutrition
1 serait en train de mourir
1 serait en train de naître
1 posséderait un ordinateur
1 aurait un diplôme universitaire

Si on considère le monde de cette manière, le besoin d'accepter et de comprendre devient évident.Prenez en considération aussi ceci :
Si vous vous êtes levé ce matin avec plus de santé que de maladie, vous êtes plus chanceux que le million de personnes qui ne verra pas la semaine prochaine.
Si vous n'avez jamais été dans le danger d'une bataille, la solitude de l'emprisonnement, l'agonie de la torture, l'étau de la faim, vous êtes mieux que 500 millions de personnes.
Si vous pouvez aller à l'église ou dans un temple sans peur d'être menacé, torturé ou tué, vous avez plus de chance que 3 milliards de personnes.
Si vous avez de la nourriture dans votre réfrigérateur, des habits sur vous, un toit sur votre tête et un endroit pour dormir, vous êtes plus riche que 75% des habitants de la Planète.
Si vous avez de l'argent à la banque, dans votre portefeuille ou de la monnaie dans une petite boite, vous faite partie des 8% les plus privilégiés du monde.
Si vos parents sont encore vivants et toujours mariés, vous êtes des personnes réellement rares.
Si, enfin, vous lisez ce message c'est parce que vous ne faites pas partie des deux milliards de personnes qui ne savent pas lire...

dimanche 1 avril 2007