vendredi 24 juillet 2009

L'ONL s'enflamme !


Ce soir, l'Orchestre Nationale de Lille, sous la baguette de Jean-Claude Casadesus, a réveillé Stravinsky !

La scène du Concertgebouw était un peu petite pour accueillir tous les musiciens. Le piano a envahit l'espace des premiers violons. Un casse tête pour les préparateurs de salle qui s'y sont repris à plusieurs fois pour parvenir à loger tout un chacun. Le premier violon, situé directement à la gauche du piano, avait tout intérêt à rester vigilant pour ne pas percuter de son archet l'imposant instrument!
Mais cela n'a absolument pas nuit à la qualité du concert!
Je n'écouterais plus Stravinsky sans repenser à cette orchestration magistrale.

Au programme :

Beethoven - Vierde piano concert in G, op. 58 (Jean-François Heisser, piano)
Dukas - La Péri, poème dansé
Stravinsky - De vuurvogel, suite (1919) L'oiseau de feu

L'oiseau de feu, l'histoire :

Ivan Tsarevitch voit un oiseau merveilleux, tout d’or et de flammes ; il le poursuit et réussit à lui arracher une de ses plumes scintillantes. Sa poursuite l’a mené dans le domaine de Kachtcheï l’Immortel, le redoutable demi-dieu qui veut s’emparer de lui et le changer en pierre, comme il la déjà fait avec de preux chevalier. Mais les filles de Kachtcheï et les treize princesses, ses captives, intercèdent et essayent de sauver Ivan Tsarevitch. Survient l’Oiseau de feu, qui dissipe les enchantements. Le château de Kachtcheï disparaît, et les jeunes filles, les princesses, Ivan Tsarevitch et les chevaliers délivrés s’emparent des précieuses pommes d’or du jardin.

Eh bien ce soir l'oiseau de feu scintillait de toutes ses plumes, Kachtcheï grondait de toute sa colère et Ivan caracolait fièrement.
Harpes, cymbales, violons, timbales et tous leurs compagnons vibraient pour nous offrir un grand moment de musique. La grande salle du Concertgebouw transformée en jardin magique abritait tous les personnages.

Merci à tous les musiciens et à leur chef pour ce moment unique.

Une chouette, un coucou mais où ?


Dans la forêt lointaine
On entend le coucou
Du haut de son grand chêne
Il répond au hibou

Coucou hibou
Coucou hibou
Coucou coucou coucou ....

Mais ou est il donc le hibou ? Je vous rappel que j'habite Amsterdam !

jeudi 23 juillet 2009

Duo Labèque à Amsterdam !

Un duo très contrasté de pianistes : Katia et Marielle Labèque.
Ce soir au Concertgebouw les pianos sonnent !

Au programme :

Claude Debussy (1862-1918), En blanc et noir
Franz Schubert (1797-1828), Fantasie
Enrique Granados (1867-1916), Quejas, o la mala y el ruisenor
Isaac Manuel Francisco Albéniz (1860-1909), « Iberia », Livre 1, 2, 3 pour deux pianos

Sur la scène elles se font face, se jettent un regard et s’élancent : les notes s’enchainent.
Quatre mains sur deux pianos, mais aussi quatre mains sur un clavier.
Noire et blanche, opposées en deux teintes, celles des touches du piano, un contraste qui leur permet de mieux partager la musique.
L'une bouge, s’emporte, exprime physiquement les élans des notes, l'autre intériorise.
Elles sont l’expression opposée d'une même source.
Un élan différent qui nous emmène tout droit au cœur de la musique : à l’émotion !

Il semble que Katia tienne dans le clavier la partie haute et claire des aigus, Marielle garde la partie grave des basses. Peut être le miroir de leur deux personnalités : l’une pétillante et extravertie, l’autre calme et introvertie. Une complémentarité qui rayonne dans leur interprétation musicale et qui explose totalement dans les variations qu’elles s’amusent à exécuter en fin de concert !

Merci a vous !

lundi 29 juin 2009

Die Entführung aus dem Serail, Mozart.

Die Entführung aus dem Serail, « L’enlèvement au sérail », Mozart.
Lundi 29 Juin, Concertgebow.

Koen Kessels, dirigent
Martine Reyners, sopraan (Konstanze)
Son, Gaseul, sopraan (Blonde)
Timo Päch, tenor (Pedrillo)
André Post, tenor (Belmonte)
Piet Vansichen, bas (Osmin)
Eddy Vereyken, spreker (Selim)


Opéra comique en trois actes, qui raconte la tentative du noble Belmonte d'enlever sa fiancée Konstanze, retenue prisonnière dans le palais du Pacha turc Selim.

La salle du Concertgebouw n’a pas été conçue pour accueillir des opéras. Un orgue monumental domine la scène, elle-même relativement étroite. Donc ici, point de place pour des décors. Quelques jardinières, posées en équilibre figurent l’idée d’un jardin.

Dans la première scène, Osmin se ballade avec un pinceau, il repeint la grille du podium qui support le chef d’orchestre quand Belmonte l’interrompt ; Belmonte ballade un sac de voyage ; Pedrillo pèle des pommes de terre ; Blonde promène son plumeau à poussière ; Konstanze, drapée dans une robe rouge sang, exprime son désespoir ; Selim, imposant dans son costume agrémenté d’une parure de plume, démontre sa toute puissance.

Les interprètes, tout au long de l’opéra, vont utiliser les deux escaliers latéraux, ainsi que ceux qui descendent jusqu’à la scène. Ils vont tourner autour de l’orchestre, descendre l’allée centrale et même monter dans les balcons ! Il est étonnant de constater que dans cette salle ou la présence de l’orchestre domine la scène, l’énergie tournoyante des chanteurs va nous faire entrer dans le Palais de Selim.

Les personnages principaux sont en costume de scène et grimés. Le chœur des Janissaire, tout de noir vêtu et sagement aligné au premier rang des gradins de gauche derrière l’orchestre, attend son heure pour chanter. Les musiciens, qui ne sont pas enterrés dans la fosse, sont aussi amusés que le public par les répliques comiques. L’œuvre de Mozart est pétillante de gaité dans cette salle à l’acoustique impeccable.

La démonstration est faite, il est possible de « jouer » un opéra au Concertgebouw !
Et de l'interpréter brillament !
Mozart était bien servit hier soir, merci!

lundi 22 juin 2009

Au revoir, Catherine ! 21 juin !

Sur l’air du tourbillon

Elle a une casquette
Qui est toute violette
Elle a des lunettes
Et plein d’bicyclettes
Elle raconte Winnie
Plein de fantaisie
Ou Emilie Jolie…

Refrain :
Mais oui, mais oui, ça c’est Catherine
Et c’est not’grand’ copine,
On a passé des bons moments
Et on s’en souviendra longtemps (Bis)

Elle fait des images
Et plein d’bricolage
C’est vrai qu’à son âge
Elle est toujours sage
On cherche Charly
Aussi Félicie
Ou Emilie Jolie…

On fait des chatouilles
Qu’il pleuve ou qu’il mouille
Dans le bain on touille
Savon sur la bouille
On mange des fruits
« Cherche et trouve » on lit
Ou Emilie Jolie…

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Comme tu va nous manquer
Alors c'est vrai
T'es décidée ? La
Hollande va pas te manquer ?
Et les Pyrénnées.
Racontes nous comment c'est...
Incroyable! C'est vrai!
Nous on va rester
Et on t'oubliera Jamais !!!!

lundi 1 juin 2009

L'homme existe, je l'ai rencontré !

L'homme existe, je l'ai rencontré !

J'ai lu quelque part : "Dieu existe, je l'ai rencontré !
"Ça alors ! Ça m'étonne !
Que Dieu existe, la question ne se pose pas !
Mais que quelqu'un l'ai rencontré avant moi, voilà qui me surprend !
Parce que j'ai eu le privilège de rencontrer Dieu juste à un moment où je doutais de lui !
Dans un petit village de Lozère abandonné des hommes, il n'y avait plus personne. Et en passant devant la vieille église, poussé par je ne sais quel instinct, je suis entré...
Et, là, j'ai été ébloui... par une lumière intense... insoutenable !
C'était Dieu... Dieu en personne, Dieu qui priait !
Je me suis dit : "Qui prie-t-il ? Il ne se prie pas lui-même ? Pas lui ? Pas Dieu !
"Non ! Il priait l'homme ! Il me priait, moi !
Il doutait de moi comme j'avais douté de lui !
Il disait : - Ô homme ! si tu existes, un signe de toi !
J'ai dit : -Mon Dieu, je suis là !
Il a dit : -Miracle ! Une humaine apparition !
Je lui ai dit : - Mais mon Dieu... comment pouvez-vous douter de l'existence de l'homme, puisque c'est vous qui l'avez créé ?I
l m'a dit : - Oui... mais il y a si longtemps que je n'en ai pas vu un dans mon église... que je me demandais si ce n'était pas une vue de l'esprit !
Je lui ai dit : - Vous voilà rassuré, mon Dieu !
Il m'a dit : - Oui ! Je vais pouvoir leur dire là-haut : "L'homme existe, je l'ai rencontré !"

Raymond Devos, "Matière à rire", L'intégrale, Editions Olivier Orban, Paris, 1991

Le 8 mai

Et le 8 mai que se passe-t-il en Hollande ?
Une foire aux livres !
Dans un petit village typiquement hollandais, dont j’ai zappé le nom, tout près d’Abcoude (pour la prononciation se référer à mes amis Belges), le mauvais temps sévit.

Vent violent, hallebardes ou cordes.
Bref un temps à ne pas mettre une petite française dehors.

Mais le vent chasse les nuages et le soleil apparait.
« …Le temps d’entrouvrir la porte du moulin et voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières blanc qui détalent, la queue en l’air, dans le fourré. » Je m’égare je ne suis pas entrain d’écrire les lettres de mon moulin, mais de vous relater une nouvelle aventure en Hollande! (pour la référence, c’est une phrase extraite du premier chapitre : installation. Je n’ai pas sous la main le livre pour vérifier l’exactitude de la phrase, mais je ne dois pas être loin de l’écrit de Daudet)

Reprenons.
Nous voilà en route pour débusquer des manuscrits.
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Devant l’église, des plantes sont en vente, géraniums, azalées, plantes aromatiques, mais pas de livre à l’horizon. Une tente installée sur la place nous invite à plonger dans le monde du vinyle : de Joe Dassin à Gérard le normand la culture française n’est pas en reste!
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La porte de l’église, entrouverte, dévoile un spectacle étonnant. Des livres, des centaines de livres étalés sur les bancs, rangés par thématique et une balance qui trône au milieu.

La balance veille au grain et nulle ouvrage ne sort de l’endroit sans avoir été dument pesé !
Car c’est au poids que les ouvrages sont jugés !

Dans ce lieu de culte la référence m‘interpelle. Le parallèle avec la pesé des âmes est évident quand un ouvrage sur l’Egypte me tombe entre les mains. Le jugement dernier existe chez les Egyptiens sous la forme de la pesée de l'âme, celle-ci doit être la plus légère possible pour accéder à la survie dans l'au-delà. Le "Livres des morts" indique les actes condamnable qui vont peser lourds dans la balance.

« Balance« , cela me rappel aussi une histoire extraite du Roman de Renard :
« Renard, qui a très faim, aperçoit un enclos près d’une abbaye. Une fois qu’il a bien mangé ayant très soif il voit un puits et s’appuie sur la margelle. Il aperçoit son reflet et le prend pour sa femme. Affolé, il monte dans le seau et tombe dans l’eau. Il est prisonnier au fond du puits.
Cette même nuit, Ysengrin, poussé par la faim, sort du champ pour chercher à manger. Sur son chemin se trouve le puits au fond duquel il voit Renard qui se débat. Ysengrin, tout comme Renard, aperçoit son reflet et le prend pour celui de sa femme Hersent. Il accuse Renard d’abuser d’elle. Renard lui explique qu’il est au paradis et insiste bien sur la nourriture qui s’y trouve en abondance. Ysengrin jure qu’il voudrait être à sa place. Renard montre le seau et dit qu’il s’agit de la balance du Jugement dernier. Il ne pourra pas descendre avant de s’être confessé. Alors Ysengrin affirme qu’il s’est confessé « à un vieux lièvre et à une chèvre barbue ». Puis Ysengrin monte dans le seau, alors que Renard est déjà installé dans le deuxième. Etant plus lourd que Renard, il fait remonter ce dernier. Alors Ysengrin devient prisonnier du puits à son tour. » Le roublard renard c’est une nouvelle fois sorti d’affaire au détriment d’Ysengrin !

Le jeu des seaux transformés en balance divine ! Décidément je m’égare aujourd’hui.
Ce doit être le mix livre/église qui amène se vagabondage neural.
J’essaierais de faire moins confus la prochaine fois !
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Pour la petite histoire, le livre que je n’ai pas acheté sur place car ses pages s’effeuillaient, je l’ai trouvé hier à la brocante !
Un recueille qui regroupe des photos et cartes postales retraçant la vie Amstellodamoise de 1900 à 1940 ! Une pure merveille !

Pour les mordus de brocante »IJ Hallen » propose, à Amsterdam nord, presque tous les premier weekend du mois une grande foire à la brocante.
Que de trouvailles en perspectives !
Voilà le site : http://www.ij-hallen.nl/.

PS: Mes amis, vous qui me recevez si bien chez vous, ne me tirez pas les oreilles à notre prochaine rencontre. Je n’arrive décidément pas à retenir le nom de votre charmant village ! J’appuie sur le mot charmant pour contre balancer mon manque de tact à persister dans mon errance: ne pas mémoriser son nom.

samedi 30 mai 2009

Du Diemen à l'Ijburg

Non, non ce n’est pas le photographe qui penche !


Mais la maison qui s’incline. Dans un minuscule cimetière Juif dans le vieux quartier du Diemen; l’arbre abrite les tombes et la grille défend son entrée !



Un pont enjambe littéralement le canal !
Structure suspendue qui défie les éléments : l'eau; mais bien plus le vent.
Précision, ce pont est strictment réservé aux piétons et vélos !



Dans les îles nouvelles, un vieux bateaux regarde le béton qui s’implante.


Le paysage se modifie : ici une ligne à haute tension, là des logements, une plage qui résiste mais pour combien de temps?



Un Bouddha, Deux Bouddhas, nous sommes à la plage !





Souriez vous êtes filmés !



Vieux gréements contre voile moderne, le terrain de jeux n’est pas le même!


Même les roues de mon vélo profitent du spectacles !



Mais qui veille ?
Qui est le gardien, le garant de la sécurité des plagistes ?
Devinez !


Et voilà un jour de soleil et de grand vent bien occupé !

vendredi 22 mai 2009

Méditation


Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes.
Dites tout doucement et clairement votre vérité ; et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire.

Évitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.

Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit- elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires ; car le monde est plein de fourberies.
Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d’héroïsme.
Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Tâchez d’être heureux.

Max Ehrmann-1927

"Tâche d'être heureux" c'est aussi ce que dit la rose au petit prince de Saint Exupéry.

Soyons donc heureux !
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Voici une deuxième version du même texte :
Sois serein au milieu du bruit et de l'agitation et songe au calme paisible qui se dégage du silence. Vis en bonne entente avec tout le monde sans pour cela te renier. Expose calmement et clairement tes idées ; et écoute les autres, même celui que tu considères moins intelligent que toi, car eux aussi ont quelque chose à t'apprendre.

Evite les personnes bruyantes et agressives, elles sont un supplice pour l'esprit. Si tu te compares aux autres, tu te sentiras parfois vaniteux et aigri, car il y en en aura toujours de plus grands et de plus petits que toi. Réjouis-toi de tes réussites comme de tes plans.

Si modeste que soit ta carrière, occupe-t'en car elle est réellement une richesse dans un monde instable. Sois prudent en affaires car le monde est plein de tricheries. Mais garde les yeux grands ouverts devant ses beaux côtés ; beaucoup recherchent un idéal élevé et font preuve de grand courage.

Reste toi-même ; ne simule surtout pas la tendresse. Mais ne parle pas non plus de l'amour cyniquement ; car en présence de l'indifférence et du désenchantement, il est aussi vivace que l'herbe.

Accepte sans amertume la sagesse des années en échange de ta jeunesse. Fortifie ton esprit, il te soutiendra en cas de malheur soudain. Mais ne te laisse pas entraîner par ton imagination, l'angoisse naît souvent de la fatigue ou de la solitude. Impose-toi une saine discipline, mais reste néanmoins indulgent envers toi-même.

Tu es un enfant de l'univers tout comme les arbres et les étoiles ; tu as le droit d'exister. Et même si cela échappe à ta compréhension, l'univers poursuit son évolution.
Donc, vis en paix avec Dieu, quelle que soit la manière dont tu Le conçois ; et quels que soient tes actes et tes aspirations, vis en paix avec ta conscience dans ce monde bruyant.

Malgré toutes ses hypocrisies, ses tracas et ses rêves envolés, la vie est quand même belle. Reste vigilant. Tends inlassablement vers le bonheur.

Max Ehrmann (1872-1945), Desiderata

Détour Pyrénéen

Incompatibilité
Tout là-haut, tout là-haut, loin de la route sûre,
Des fermes, des vallons, par delà les coteaux,
Par delà les forêts, les tapis de verdure,
Loin des derniers gazons foulés par les troupeaux,

On rencontre un lac sombre encaissé dans l'abîme
Que forment quelques pics désolés et neigeux ;
L'eau, nuit et jour, y dort dans un repos sublime,
Et n'interrompt jamais son silence orageux.

Dans ce morne désert à l'oreille incertaine
Arrivent par moments des bruits faibles et longs,
Et des échos plus morts que la cloche lointaine
D'une vache qui paît aux penchants des vallons.

Sur ces monts où le vent efface tout vestige,
Ces glaciers pailletés qu'allume le soleil,
Sur ces rochers altiers où guette le vertige,
Dans ce lac où le soir mire son teint vermeil.

Sous mes pieds, sur ma tête et partout, le silence,
Le silence qui fait qu'on voudrait se sauver,
Le silence éternel et la montagne immense,
Car l'air est immobile et tout semble rêver.
On dirait que le ciel, en cette solitude,
Se contemple dans l'onde, et que ces monts, là-bas,
Écoutent recueillis, dans leur grave attitude,
Un mystère divin que l'homme n'entend pas.

Et lorsque par hasard une nuée errante
Assombrit dans son vol le lac silencieux,
On croirait voir la robe ou l'ombre transparente
D'un esprit qui voyage et passe dans les cieux.

Charles BAUDELAIRE, Poésies diverses, 1838

samedi 9 mai 2009

Amsterdam : Journée européenne de l’opéra

Amsterdam ne s'est dotée d'un Opéra que très récemment. C'est seulement en 1986 qu'est inauguré le Muziektheater ou Stopera.
Cet opéra regroupe tous les avantages d'une salle moderne, de décors et de costumes réalisés sur place ainsi qu'une grande capacité d’accueil (1500 spectateurs).
De la Traviata en passant par Cosi fan tute ou encore la Chauve Souris, ce lieu a vraiment été inventé pour servir la musique.

La journée européenne de l’opéra offrait l’occasion de mieux découvrir ce lieu mythique.

Porte ouverte pour une invitation à entrer dans les coulisses de ce monde magique. Avec des ateliers de maquillage, des visites guidées, un défilé de costumes de scène qui seront mis en vente demain !

Sur l’affiche du défilé on aurait pu lire :

Le lieu : le grand escalier.
L’éclairage : la lumière du spot solaire a peine filtrée par l’immense façade en baie vitrée.
Le décor : une vue panoramique sur l’Amstel, du Magere Brug à la tour Munttoren.
La musique : des extraits d’opéra.
Les costumes : un enchantement de couleurs chatoyantes, de textures…Du cavalier à l’ange, de la robe de princesse à la carte à jouer d’Alice au pays des merveilles, tout un monde féerique défile…

Et cerise sur le gâteaux, la robe du personnage d’Arlette dans la Chauve Souris de Strauss. Pour l’anecdote, j’ai vu cette robe finir d’être confectionnée dans l’atelier de couture de l’opéra. Puis, durant la répétition qui a suivit, la cantatrice l'enfiler sur scène etse piquer avec une aiguille oubliée !

A vous de retrouver dans les photos qui suivent les spectacles dont sont issus les costumes !













dimanche 29 mars 2009

Pèlerin sans église, Jean-Claude Bourlès


Dos de la couverture :

« Je ne suis pas parti que la confusion, déjà, s’installe dans mon esprit. Pourquoi suis-je ici, sur ce chemin de foi reconnu et sanctifié par trois religions monothéistes, alors que je ne crois ni ne pratique en aucune confession ? Un pèlerin sans foi et sans Église ! Plus modestement, un agnostique qui, rompant l’immobilité de la nuit, se met en marche vers un rendez-vous où personne ne l’attend. »

Il est question

de questionnement
de lieux
de soif de foi
de révolte
de marche
de chemins
d’intinéraires
de vie...

Un voyage ? Le voyage de la vie ?


Un chapitre :

Abbaye Saint –Martin de Mondaye. Je voulais donc voir l’Apôtre, et rencontrai son buste dans la cathédrale en liesse. En s’achevant sur les terres de Galice, mon périple ne faisait en fait que commencer. Connu et partagé par tous mes confrères en chemin, le difficile apprentissage du retour m’attendait dans l’ultime leçon d’un enseignement dont je n’avais peut être pas retiré toute la quintessence. Chemin de foi ou itinéraire spirituel, le pèlerinage s’apparente à une ascèse par le dépouillement dans lequel se plonge volontairement le peregrino. Un dépouillement menant rapidement au dénuement, ne serait ce que par la teneur de la démarche qui ne peut s’encombrer de charge ni de surcharge. Dénuement matériel donc, selon la règle « Allez sur le léger », formulée par les évêques aux passants du Moyen Âge, dépouillement par l’abandon de sécurité et de confort, autant que par acceptation des risques encourus, cette « mise à merci » déjà évoquée. Même limité dans le temps, cette ascèse n’est pas sans laissé de traces chez l’individu qui, confronté aux différentes adversités du chemin, modifie sa perception du monde et les règles régissant son existence. Pas plus qu’un autre – et peut être moins- je ne pouvais échapper à cette constante du retour. Décidant de « vivre autre chose », je concrétisais en fait le projet longtemps caressé de vivre « libre » en rompant avec un système au sein duquel j’évoluais dans une contradiction de plus en plus lourde, entre le discours tenu et la réalité d’un vécu confortable. Bien que ses lignes puissent y faire penser, je ne suis pas à l’heure des bilans, mais si tel était le cas, je dirais, que cet aller vers Compostelle agit comme une révélation. Un acte connaissance de cause, que cet aller vers Compostelle agit comme une révélation. Un acte conséquent et décisif dans plusieurs domaines, dont celui de l’approfondissement personnel. A mon retour, les dés étaient lancés. Ca fameux coup de dés qui, selon Mallarmé, « jamais n’abolira le hasard », et pourtant…Touchant au but, le chemin ne faisait que commencer. Je le savais. Au point de saluer l’Apôtre trônant au portique de la gloire d’un retentissant « Hasta pronto, Senor », avant de m’en retourner chez moi. Ne pas tenir promesse eût été se parjurer. Je revins donc, tout simplement.
Ceci est une autre histoire, mais est-elle si différente de celle de mes compagnons de chemin ? J’en doute. Sinon la lumière, la pause, ou l’illumination, que chercheraient-ils ces perigrinos navigant à vue sur ces chemins de vérité ?

Extraits :

« Où commence et où s'achèvera lechemin ouvert (...) au sortir de la cathédrale du Puy-en-Velay ? »
« C'est bien ce choix qui me fascine (...), cette marche à merci d'hommes et de femmes, de tous âges et de toutes convictions, décidant de rompre le rythme de leur vie quotidienne pour faire le point avec eux-mêmes, revivifier leur foi, que sais-je encore, en marchant plusieurs semaines ou quelques mois sur des chemins de haute solitude. »
« En fait, je veux tout. Tout voir et tout comprendre (...). Aurai-je bientôt fini de naître ? Quelle naissance ou renaissance ? Je me le demande comme on sollicite une orientation ».
« Es-tu croyant, ou crois-tu croire ? Très honnêtement, je ne peux aujourd'hui me dire croyant alors que je bute sur les dogmes et refuse une partie du Credo. Mais aussi sincèrement, oui, j'aimerais croire. Quel chemin reste-t-il à parcourir au pèlerin sans Église, pour relier ces deux antagonismes ? ».

Jean-Claude Bourlès termine son livre en reprenant les derniers mots bernanosiens du petit curé s’Ambricourt, ultime témoin de la pitié sacrée, selon Malraux : «Qu’est-ce que cela fait? Tout est grâce.»

Compagnon de trois matinées lumineuses,
ce livre,
trop tôt terminé,
va illuminer le cœurs d’amis lecteurs.
Merci


mercredi 11 février 2009

Requiem de Mozart translation/traduction

Ce soir c’est la dernière représentation du Requiem de Mozart au Concertgebouw!

En première partie : le Dyptychon de Valentin Sylvestrov.
C’est un compositeur ukrainien né à Kiev le 30 septembre1937.
Son œuvre nous emmène dans un monde aérien. Les voix se mêlent, se répondent, s’harmonisent, se détachent pour toucher profondément à l’essence de chacun. Moment unique ou toute la salle est sous le charme.
L’émotion ressentie était tellement intense dimanche dernier que toute la salle était comme hypnotisée. Sur la dernière note, un silence d’une densité palpable, a précédé un tonnerre d’applaudissement. Les spectateurs étaient debout, pour saluer la performance et surtout remercier de cet instant privilégié.
Donc une œuvre à découvrir absolument.

L’œuvre est interprétée par le Latvian Radio Choir. Fondé en 1940, le chœur est composé de 24 chanteurs. Ils ont travaillés avec de célèbres dirigeants tells que : Yehudi Menuhin, Semyon Bychkov, Justus Frantz, Vladimir Spivakov, Vladimir Fedoseev, Mark Sistro, Gansung Kakhidze, Enrico Diemeke and Juha Kangas et des orchestres tels que: le Moscow Television and Radio Symphony Orchestra, le Moscow Chamber Orchestra, “Moscow Virtuosi”, le Lithuanian Symphony Orchestra, l’orchestre Philharmonic de Montpellier (France), l’orchestre symphonique de Paris, l’orchestre symphonique de la radio de Flandre, Brussels, l’ Ostrobonty Chamber Orchestra (Finland), le Malmo Simphony orchestra.
Le cœur de leur répertoire en composé d’oratorios couvrants une période allant de la renaissance, à la musique baroque ainsi que des pièces plus compliquées du 20 ème siècle.

Deuxième partie, Joseph Haydn, avec la symphonie Numéro 44, faisait grise mine. Coincé entre deux œuvres religieuses de grande intensitée, cette symphonie c’est noyée dans une exécution pour le moins plate.

Le Requiem (du latin requiés signifiant repos) ou Messe de requiem, est un service liturgique de l’Église catholique romaine. Cette messe est une prière pour les âmes des défunts, elle a lieu juste avant l’enterrement ou lors de cérémonies du souvenir. (wikki)

Juste pour la petite histoire, le comte Walsegg, pour la mort de sa femme en février 1791 commande un Requiem à Mozart. Mozart meurt, sans avoir terminé le Requiem.

Différentes versions sont proposée quand à la partie « réellement » composée par Mozart :

1 – Certains considèrent qu’à sa mort, seul le " Requiem æternam "et le " Kyrie" étaient totalement achevés. Les basses et les parties vocales du " Dies Irae " jusqu’à la huitième mesure du " Lacrimosa "étaient aussi écrites à quoi s’ajoutent quelques indications d’orchestrations. De même pour le " Domine Jesu " et l’ " Hostias ". Le "Sanctus", le "Benedictus" et le "Lux aeterna", manquaient totalement. Franz-Süssmayer qui avait reçu les dernières indications de son maître, va terminer le chef-d'œuvre. Il compose l'instrumentation de l'Offertoire d'après les indications de Mozart, complète le « Lacrimosa » à partir de la neuvième mesure et recompose les quatre dernières parties pour lesquelles il disposait des esquisses de Mozart. Enfin pour la « Communio », il se rapporte au Requiem et au Kyrie. Pour garder l’œuvre homogène, il recopie intégralement les deux premiers mouvements. Les parties vocales (portées 8-11) et la basse continue (ligne du bas avec basse chiffrée pour l’orgue) sont de la main de Mozart. Les parties de cordes et de bois (violon I et II, alto, cor de basset I et II et bassons portée 1-5) sont de la main de F.J Freystädtler, et les parties de trompette et de timbale (portées 6-7) sont de la main de Süssmayer.

2- D’autres s’accordent pour dire, que seul le début de l’Introït et quelques parties vocales du Kyrie, le début du Dies Irae et les huit premières mesures du Lacrimosa sont effectivement du grand Mozart. Le reste est une composition collective, réalisée par Franz Xaver Süssmayr, Jacob Freistädler et Joseph Eybler.

3- Mais la plupart considèrent le Requiem comme un travail d’équipe. “L’étude du manuscrit permet de dire avec précision ce qui est de Mozart et ce qui est de Süssmayr et d’Eybler. Les deux premiers morceaux (Requiem et Kyrie) sont entièrement de la main de Mozart. Les cinq premières sections de la Séquence (Dies irae, Tuba mirum, Rex tremendae, Recordare et Confutatis) sont principalement de Mozart : il a écrit les parties vocales, la basse chiffrée et quelques indications musicales. Après des essais infructueux ou partiels de Joseph Eybler, Franz-Xaver Süssmayr travailla l’orchestration à partir des nombreuses notes laissées par Mozart, poursuivit le Lacrymosa dont Mozart avait esquissé de sa main les huit premières mesures. En fait, jusqu’aux mots “judicandus homo reus”. Ajoutons que les deux morceaux de l’Offertoire (Domine Jesu et Hostias) sont principalement de Mozart et sont orchestrés par Süssmayr. Et enfin, le Sanctus, le Benedictus, l’Agnus Dei et la Communion sont entièrement de Süssmayr.”

Quoiqu’il en soit, le Requiem nous invite au voyage. Un voyage intérieur, rythmé par des émotions qui touchent au plus profond de soi. Pour un croyant : « c’est une prière qui va droit au ciel ». Ou encore, comme le dit si bien la sœur Henriette : « Chanter, c’est prier doublement ». Et pour les autres ? L’enchantement les poussera peut être vers la possibilité d’admettre…que Mozart pourrait être, la preuve, le plus bel argument de la foi en Dieu. Mais chacun porte ses sentiments et ses convictions là où la vie le mène. Restons libres de nos pensées.

Pour facilité la compréhension du Requiem, voici un traduction en français.

REQUIEM
Requiem aeternam dona eis, Domine: et lux perpetuat luceat eis. Te decet hymnus Deus in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem: Exaudi orationem meam, ad te omnis caro veniet. Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luccat eis.
Kyrie eleison. Christe eleison. Kyrie eleison

REQUIEM
Seigneur, donnez-leur le repos éternel, et faites luire pour eux la lumière sans déclin. Dieu, c'est en Sion qu'on chante dignement vos louanges à Jérusalem on vient vous offrir des sacrifices. Écoutez ma prière, Vous, vers qui iront tous les mortels. Seigneur, donnez-leur le repos éternel, et faites luire pour eux la lumière sans déclin.
Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.

REQUIEM
Grant them eternal rest, Lord, and let perpetual light shine on them. You are praised, God, in Zion, and homage will be paid to You in Jerusalem. Hear my prayer,to You all flesh will come. Grant them eternal rest, Lord and let perpetual light shine on them.
Lord, have mercy on us. Christ, have mercy on us. Lord, have mercy on us.

DIES IRAE
Dies irae, dies illa Solvet saeclum in favilla: Teste David cum Sibylla. Quantus tremor est futurus, Quando judex est venturus Cuncta stricte discussurus!

DIES IRAE
Jour de colère que ce jour-là, où le monde sera réduit en cendres, selon les oracles de David et de la Sibylle. Quelle terreur nous saisira, lorsque le juge descendra examiner rigoureusement toute chose.

DIES IRAE
Day of wrath, day of angerwill dissolve the world in ashes, as foretold by David and the Sibyl. Great trembling there will bewhen the Judge descends from heaven to examine all things closely.

TUBA MIRUM
Tuha, mirum spargens sonum Per sepulcra regionum, Coget omnes ante thronum. Mors stupebit et natura, Cum reSurget creatura, Judicanti responsura. Liber scriptus proferetur, In quo totum continetur, Unde mundus judicetur. Judex ergo cum sedebit Quidquid latet, apparebit: Nil inultum remanebit. Quid sum miser tunc dicturus? Quem patronum rogaturus, Cum vix justus sit securus?

TUBA MIRUM
La trompette répandant la stupeur parmi les sépulcres, rassemblera tous les hommes devant le trône. La mort et la nature seront dans l'effroi, lorsque la créature ressuscitera pour rendre compte au Juge. Le Livre tenu à jour sera apporté, livre qui contiendra tout ce sur quoi le monde sera jugé. Quand donc le Juge tiendra séance, tout ce qui est caché sera connu et rien ne demeurera impuni. Malheureux que je suis, que dirai-je alors? Quel protecteur invoquerai- je, quand le juste lui-même sera dans l' inquiétude?

TUBA MIRUM
The trumpet will send its wondrous soundthroughout earth's sepulchresand gather all before the throne. Death and nature will be astounded,when all creation rises again to answer the judgement. A book will be brought forth in which all will be written by which the world will be judged. When the judge takes his place what is hidden will be revealed nothing will remain unavenged. What shall a wretch like me say? Who shall intercede for me, when the just ones need mercy?

REX TREMENDAE
Rex tremendae majestatis Qui salvandos salvas gratis, Salva me, fons pietatis

REX TREMENDAE
O Roi, dont la majesté est redoutable, vous qui sauvez par grâce, sauvez-moi, ô source de miséricorde.

REX TREMENDAE
King of tremendous majesty,who freely saves those worthy ones,save me, source of mercy.

RECORDARE
Recordare, Jesu pie, Quod sum causa tuae viae: Ne me perdas illa die. Quaerens me, sedisti lassus: Redemisti Crucem passus:Tantus labor non sit cassus. Juste judex ultionis, Donam fac remissionis Ante diem rationis. Ingemisco, tamquam reus: Culpa rubet vultus meus: Supplicanti parce, Deus.Qui Mariam absolvisti,Etlatronemexaudisti, Mihi quoque spem dedisti. Preces meae non sunt dignae:Sed to bonus f ac benigne, Ne perenni cremer igne. Inter oves locum praesta, Et ab haedis me sequestra, Statuens in parte dextra.


RECORDARE
Souvenez-vous ô doux Jésus que je suis la cause de votre venue sur terre. Ne me perdez donc pas en ce jour. En me cherchant, vous vous êtes assis de fatigue, vous m'avez racheté par le supplice de la croix: que tant de souffrances ne soient pas perdues. O Juge qui punissez justement accordez-moi la grâce de la rémission des péchés avant le jour où je devrai en rendre compte. Je gémis comme un coupable: la rougeur me couvre le visage à cause de mon péché pardonnez, mon Dieu, à celui qui vous implore. Vous qui avez absous Marie-Madeleine, vous qui avez exaucé le bon larron: à moi aussi vous donnez l'espérance. Mes prières ne sont pas dignes d'être exauces, mais vous plein de bonté faites par votre miséricorde que je ne brûle pas au feu éternel. Accordez-moi une place parmi les brebis et séparez-moi des boucs en me plaçant à votre droite.

RECORDARE
Remember, kind Jesus,my salvation caused your suffering;do not forsake me on that day. Faint and weary you have sought me,redeemed me, suffering on the cross;may such great effort not be in vain. Righteous judge of vengeance,grant me the gift of absolutionbefore the day of retribution. I moan as one who is guilty:owning my shame with a red face;suppliant before you, Lord. You, who absolved Mary,and listened to the thief,give me hope also. My prayers are unworthy,but, good Lord, have mercyand rescue me from eternal fire. Provide me a place among the sheep and separate me from the goats guiding me to Your right hand.

CONFUTATIS
Confutatis maledictis,Flammis acribus addictis:Voca me cum benedictis. Oro supplex et acclinis, Cor contritum quasi cinis: Gere curam mei finis.

CONFUTATIS
Et après avoir réprouvé les maudits et leur avoir assigné le feu cruel. Appelez-moi parmi les élus. Suppliant et prosterné, je vous prie, le cœur brisé et comme réduit en cendres prenez soin de mon heure dernière.

CONFUTATIS
When the accused are confounded,and doomed to flames of woe,call me among the blessed. I kneel with submissive heart,my contrition is like ashes,help me in my final condition.

LACRIMOSA
Lacrimosa dies illa, qua resurget ex favilla judicandus homo reus. Huic ergo parce, Deus: Pie Jesu Domine Dona eis requiem. Amen.

LACRIMOSA
Oh! Jour plein de larmes, où l'homme ressuscitera de la poussière: Cet homme coupable que vous allez juger: Epargnez-le, mon Dieu! Seigneur, bon Jésus, donnez-leur le repos éternel. Amen.

LACRIMOSA
That day of tears and mourning,when from the ashes shall arise,all humanity to be judged.Spare us by your mercy, Lord,gentle Lord Jesus,grant them eternal rest. Amen.

DOMINE JESU CHRISTI
Domine Jesu Christe, Rex gloriae, libera animas omnium fidelium defunctorum de poenis inferni et de profundo lacu. Iibera eas de ore leonis ne absorbeat eus tartarus, ne cadant in obscurum. sed signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam, quam olim Abrahae promisisti et semini ejus.

DOMINE JESU CHRISTI
Seigneur, Jésus-Christ, Roi de gloire, préservez les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l'enfer et de l'abîme sans fond. Délivrez-les de la gueule du lion, afin que le gouffre horrible ne les engloutisse pas et qu'elles ne tombent pas dans le lieu des ténèbres. Que saint Michel, le porte étendard, les introduise dans la sainte lumière. Que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.

DOMINE JESU CHRISTI
Lord Jesus Christ, King of glory,liberate the souls of the faithful,departed from the pains of helland from the bottomless pit.Deliver them from the lion's mouth, lest hell swallow them up,lest they fall into darkness. Let the standard-bearer, holy Michael, bring them into holy light. Which was promised to Abrahamand his descendants.

HOSTIAS
Hostias et preces tibi Domine, laudis offerimus. tu suscipe pro animabus illis, quarum hodie memoriam facimus : fac eas, Domine, de morte tramsire ad vitam. Quam olim Abrahae promisisti et semini eius

HOSTIAS
Nous vous offrons, Seigneur, le sacrifice et les prières de notre louange recevez-les pour ces âmes dont nous faisons mémoire aujourd'hui. Seigneur, faites-les passer de la mort à la vie. Que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.

HOSTIAS
Sacrifices and prayers of praise, Lord,we offer to You.Receive them in behalf of those soulswe commemorate today.And let them, Lord,pass from death to life,which was promised to Abrahamand his descendants.

SANCTUS
Sanctus, Sanctus, Sanctus Dommus, Deus Sabaoth. Plen sunt coeli et terra gloria tua. Hosanna in excelsis !

SANCTUS
Saint, Saint, Saint le Seigneur, Dieu des Forces célestes. Le ciel et la terre sont remplis de votre gloire. Hosanna au plus haut des cieux !

SANCTUS
Holy, Holy, Holy, Lord God of Hosts, heaven and earth are full of Thy glory. Hosanna in the highest.

BENEDICTUS
Benedictus, qui venit in nomine Domini. Hosanna in excelsis !

BENEDICTUS
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux !

BENEDICTUS
Blessed is he who comes in the name of the Lord. Hosanna in the highest.

AGNUS DEI
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi: dona eis requiem. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi: dona eis requiem sempiternam.
.
AGNUS DEI
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, donnez leur le repos. Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, donnez leur le repos éternel.

AGNUS DEI
Lamb of God, who takes awaythe sins of the world,grant them eternal rest.Lamb of God, who takes awaythe sins of the world,Grant them eternal rest.Lamb of God, who takes awaythe sins of the world,grant them eternal rest forever.

COMMUNIO
Lux aeterna luceat eis Domine cum sanctis tuis in aeternum quia pius es.
Requiem aeternam dona eis, Domine et lux perpetua luceat eis. Cum sanctis tuis aeternum, quia pius es.

COMMUNIO
Que la lumière éternelle luise pour eux, au milieu de vos Saints et à jamais Seigneur, car vous êtes miséricordieux. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel et que la lumière sans déclin luise pour eux.

COMMUNIO
Let eternal light shine on them, Lord,as with Your saints in eternity,because You are merciful.Grant them eternal rest, Lord,and let perpetual light shine on them,as with Your saints in eternity,because You are merciful.

Merci au Nederlands Kamerorkest pour ce grand moment d'émotion et à mes amis qui savent si bien partager le bonheur d'aimer la musique.

lundi 2 février 2009

Die Jahreszeiten (Les saisons), Joseph Haydn


Les saisons de Joseph Haydn (1732-1809) donné en mars 1799

Les Saisons ne constituent pas stricto sensu un oratorio, c'est-à-dire une œuvre morale qui, à la base de textes sacrés ou pieux, a pour objet d'édifier les fidèles ; puisque l’œuvre est basée sur un poème de l'écrivain écossais James Thomson (1700-1748).
Un trio de personnage commente le quotidien du passage des saisons dans la vie rurale - le fermier Simon (baryton), sa fille Hanne (soprano) et Lukas (ténor), le jeune promis de celle-ci – Ces personnages servent d'intermédiaires entre les spectateurs et les pouvoirs supérieurs, qu'ils soient humains ou divins. Les mélodies des trois paysans sont fondées sur de la musique "populaire", alors que les vastes fresques chorales sont plus lyriques.

Pour apprécier toute la saveur de la musique, il est utile de comprendre le déroulé de l’action. De saisir la force du soleil au mois d’aout, qui au zénite, écrase de chaleur tout ce qui vie. Ou encore le silence avant l’orage qui va éclater…

Textes du livret Die Jahreszeiten (les saisons) de Joseph Haydn

Le printemps

N°1 Introduction : Décrit le passage de l’hiver au printemps

Simon :
Vois comme le dur hiver s’enfuit !
Il s’échappe vers le pole lointain.
Sur son appel le suit l’armée bruyante de sauvages tempêtes avec des hurlements affreux

Lucas :
Vois comme la neige s’égoutte en flots troubles du rocher abrupt !
Jeanne
Vois arrivant du sud, attiré par les vents attiédis, le messager du printemps.

N°2 Chœurs des Paysans

Les Paysans :
Viens, doux printemps, don du Seigneur, viens !
Fais sortir la Nature de son sommeil mortel !

Les Filles et les Femmes :
Il approche, le doux printemps ; déjà nous sentons son souffle doux, bientôt tout renaîtra.

Les Hommes :
Ne jubilez pas trop vite !
Souvent l’hiver, environné de nuages, se glisse à nouveau et répand son poison givré sur les fleurs et les germes.

Tous :
Viens, doux printemps, don du Seigneur, viens !
Descend sur nos campagnes, viens, doux printemps, viens et ne nous fais plus attendre.

N°3 Récitatif

Simon :
Du Bélier, les rayons du clair soleil à, présent nous parviennent.
Brouillards et froids se dissipent, des souffles tièdes s’exhalent.
Le sein de la terre s’entrouvre ; l’air en est tout réjoui.

N°4 Air

Simon :
Le laboureur s’empresse au travail des champs ; il suit en sifflant le soc tout au long des sillons.
D’un pas mesuré, il jette au loin son grain ; le champ l’enserre et le fait murir en une riche moisson.

N°5 Récitatif

Lucas :
Le Paysan à accompli son ouvrage sans épargner sa peine.
Il attend sa récompense des mains de la nature et implore le ciel.

N°6 Prière

Lucas et le Chœur :
Sois miséricordieux, doux ciel !
Ouvre-toi et accorde ta bénédiction à notre pays !

Lucas :
Fais que ta rosée humecte la terre !

Simon :
Fais que ta pluie inonde les sillons !

Jeanne :
Fais que les vents soufflent avec douceur et que ton soleil brille clair !

Tous les trois :
Nous aurons alors l’abondance et nous célébrerons ta bonté.

Le Chœur :
Sois miséricordieux, doux ciel !

N°7 Récitatif

Jeanne :
Notre vœu est exaucé ; le doux vent d’ouest nous réchauffe et apporte d’humides vapeurs.
Elles s’accumulent et s’écoulent et arrosent au sein de la terre le fruit et la richesse de la nature.

N°8 Chant de Joie

Jeanne :
Oh, comme il est tendre le spectacle des prairies !
Venez les filles, venez danser dans les chants remplis couleurs !

Lucas :
Oh, comme il est tendre le spectacle des prairies !
Venez les garçons, venez danser dans les verts bocages !

Jeanne et Lucas :
Oh comme il est tendre, etc …

Jeanne :
Voyez les lis, voyez les roses, voyez toutes les fleurs !

Lucas :
Voyez les prés, voyez les prairies, voyez tous les champs !

Le Chœur :
Oh comme il est tendre, etc…

Jeanne :
Voyez la terre, voyez l’eau, voyez l’air serein !

Lucas :
Tous revit, tout est suspendu, tout s’agite.

Jeanne :
Voyez les agneaux comme ils bondissent !

Lucas :
Voyez les poissons quel grouillement !

Jeanne :
Voyez les abeilles comme elles bourdonnent !

Lucas :
Voyez les oiseaux quel volètement !

Le Chœur :
Tout revit, etc…

Les filles :
Quelle joie, quelle ivresse submergent nos cœurs !

Les garçons :
Un doux bonheur, un doux charme soulèvent notre poitrine !

Simon :
Ce que vous sentez, ce qui vous enchanté, c’est le souffle du Créateur.

Le Chœur :
Honorons le, louons le, glorifions le !

Les hommes :
Faites sonner bien haut vos voix pour le remercier !

Le Chœur :
Pour le remercier, que nos voix résonnent bien haut !
Dieu éternel, puissant, bienfaisant !

Jeanne, Lucas, Simon :
Tu nous as réconfortés de ton repas béni.

Les hommes :
Dieu puissant !

Jeanne, Lucas, Simon :
Tu nous as abreuvés du fleuve de tes joies.
Dieu bienfaisant !

Le Chœur :
Dieu éternel, puissant, bienfaisant !

Simon :
Eternel !

Lucas :
Puissant !

Jeanne :
Dieu bienfaisant !

Le Chœur :
Sois honoré, loué et aimé,
Dieu éternel, puissant, bienfaisant !

L’été

N°9 Récitatif L’introduction dépeint l’aube du jour

Lucas :
La tendre lumière du matin approche en voiles grises et devant elle, l’indolent nuit se retire à pas nonchalants.
La troupe aveugle des oiseaux morts s’enfuit vers de sombres grottes ; leurs cris accablants et plaintifs n’oppressent plus les cœurs angoissés.

Simon :
Le héraut du jour s’annonce ; de ses accents joyeux il appelle à nouveau au labeur le paysan reposé.

N°10 Air et récitatif

Simon :
Le berger allègre rassemble les joyeux troupeaux ; il les pousse lentement vers les grasses prairies des vertes collines.
Appuyé sur son bâton il observe maintenant l’Orient pour voir le premier rayon du soleil qu’il attend impatiemment.

Jeanne :
L’aurore commence à poindre ; la légère nuée se dissipe comme une fumée, le ciel se remplit dans le clair d’azur et le sommet des montagnes dans un or flamboyant.

N°11 Trio et Chœur

Jeanne :
Le soleil se lève, il monte.

Jeanne, Lucas :
Il approche, il vient.

Jeanne, Lucas, Simon :
Il rayonne, il brille.

Le Chœur :
Il brille dans sa splendeur éclatante, dans sa flamboyante majesté.
Gloire au soleil, gloire !
Source de la lumière et de la vie, gloire !
O, toi œil et âme de l’univers, toi, la plus belle image de la divinité, nous ta saluons avec reconnaissance !

Jeanne, Lucas, Simon :
Qui, peut exprimer toutes les joies que tes faveurs éveillent en nous ?
Qui peut compter les bienfaits dont ta clémence nous inonde ?

Le Chœur :
Qui peut les exprimer ?
Les bienfaits, qui peut les compter ?
Qui les exprime ? Qui les compte, qui ?

Jeanne :
Nous te devons tous ce qui nous réjouit.

Lucas :
Nous te devons ce qui nouais anime.

Simon :
Nous te devons ce qui nous fait vivre.

Jeanne, Lucas, Simon :
Mais nous devons au Créateur le pouvoir de ta force.

Le Chœur et les solistes :
Gloire, o, soleil, gloire !
Source de la lumière et de la vie, gloire !
Toutes les voix t’acclament, la nature t’acclame

N°12 Récitatif

Simon :
Tout s’anime maintenant alentour ; une foule bigarrée couvre la campagne.
Le flot ondulant des moissons s’incline vers le faucheur bruni, la faux étincelle, le blé s’écroule ; mais il se redresse bientôt et s’amoncelle en gerbes serrées.

Lucas :
Le soleil de midi brule maintenant de toute son ardeur et déverse à travers le ciel sans nuages ses puissants torrents d feu.
Sur les terres brulées s’étend, tout en vapeur, une mer éblouissante de lumière et de reflets.

N°13 Cavatine

Lucas :
La nature succombe sous le poids.
Fleurs flétries, prairies desséchées, sources taries : tout montre l’excès de la chaleur ; bêtes et gens allongés sur le sol languissent sans force.

N°14 Récitatif

Jeanne :
Soyez bénis à présent, o sombres bosquets où le toit du vieux chêne forme un abri rafraichissant, où le feuillage du gracile tremble et fait entendre son doux murmure !
Le ruisseau y coule en flots clairs sur la tendre mousse, la couvée multicolore du soleil fourmille en bourdonnant joyeusement ; le souffle du zéphyr répand la senteur embaumée des plantes, et dans le proche buisson retentit le pipeau du jeune berger.

N°15 Air

Jeanne :
Quel réconfort pour l’esprit !
Quel repos pour le cœur !
Une impression rafraichissante inonde chaque veine et fait vibrer chaque nerf.
L’âme se réveille pour ce plaisir charmant et une nouvelle force soulève la poitrine d’une douce impulsion.

N°16 Récitatif

Simon :
Voyez !
Dans l’air alourdi monte vers la haute crête de la montagne un nuage de vapeur et de fumée.
Poussé vers le haut, il s’étend et couvre bientôt tout le ciel de son obscurité.

Lucas :
Ecoutez, comme dans la vallée un sourd grondement annonce la tempête sauvage.
Voyez, comment chargée de malheur, la sombre nuée lentement s’étend et s’abat menaçante sur la plaine !

Jeanne :
En proie à un pressentiment anxieux la vie de la nature s’arrête.
Aucun animal, aucune feuille ne bouge et une paix mortelle règne partout !

N°17 Le Chœur

Ah, l’orage approche !
Aide nous, Ciel !
Oh ! Comme le tonnerre gronde !
Oh ! Comme els vents se déchainent !
Ou pouvons nous nous abriter ?
Des éclairs enflammés labourent les airs, leurs flèches pointues déchirent les nuages et des torrents se déversent sur le sol.
Ou trouver secours ?
La tempête fait rage ; le vaste ciel s’embrase.
Pauvre de nous !
L’un après l’autre les coups de tonnerre éclatent à grand fracas.
Malheur à nous, malheur à nous !
La terre s’ébranle et vacille jusqu’au fond de la mer.

N°18 Trio et Chœur

Lucas :
Les sombres nuages se répandent, la colère de la tempête est apaisée.

Jeanne :
Avant de disparaitre le soleil brille encore une fois et les champs couverts de perles étincelles sous les derniers rayons.

Simon :
Vers son étable coutumière, rassasié et rafraichi revient le bœuf bien gras.

Lucas :
La caille appel déjà son mâle.

Jeanne :
Le grillon chante gaiement dans l’herbe.

Simon :
Et la grenouille coasse dans les marais.

Jeanne, Lucas, Simon :
L’angélus du soir sonne ; l’étoile scintille tout là haut et nous invite au repos.

Les hommes :
Filles, garçons, femmes, venez, nous aurons un doux sommeil, celui qu’un cœur pur, un corps sain et le travail quotidien assurent.

Les femmes :
Nous venons, nous vous suivons.

Le Chœur :
L’angélus du soir à sonné ; l’étoile scintille là haut, etc…


L’automne

N°19 Joie du Paysan à la vue de sa riche moisson

Jeanne :
Ce que, par ses fleurs, le printemps avait promis, ce que par sa chaleur, l’été avait muri, l’automne le montre maintenant en abondance au paysan heureux.

Lucas :
Il ramène maintenant la riche moisson sur la charrette lourdement chargée.
La vaste grange suffit à peine à recevoir ce que son champ lui à donné.

Simon :
Son œil se réjoui, regarde alentour, il mesure les richesses amoncelées et le bonheur emplit son cœur.

N°20 Trio et Chœur

Simon :
Ainsi la nature récompense le travail, l’appelle et lui sourit ; elle l’encourage de ses espérances et l’assiste de bon cœur ; elle l’aide de toutes ses forces.

Jeanne, Lucas :
C’est par toi, o travail, que vient le salut !
La maison qui nous protège, la laine qui nous tient chaud, le pain qui nous nourrit sont ton bienfait et ton cadeau.

Jeanne, Lucas, Simon :
O travail, o noble travail !
C’est par toi que vient le salut.

Jeanne :
Tu inspires la vertu et adoucis les rudes mœurs.

Lucas :
Tu protèges contre le vice et purifies le cœur de l’homme.

Simon :
Tu renforces le courage et le sens du bien et du devoir.

Trio et Chœur :
O travail, o noble travail ! Etc…

N°21 Récitatif

Jeanne :
Voyez comme la jeunesse cour aux boqueteaux de noisetiers !
Sur chaque branche se balance la joyeuse troupe des petits et des arbustes secoués s’échappent les fruits comme une grêle.

Simon :
Là bas le jeune paysan dresse prestement l’échelle le long du grand tronc. De la cime qui le cache il voit approcher son aimée, la noix ronde vole à ses pieds en aimable plaisanterie.

Lucas :
Dans le jardin, près de chaque arbre, il y a des filles grandes et petites et leur teint frais est pareil à celui des fruits qu’elles cueillent.

N°22 Duo

Lucas :
Vous, beautés de la cité, venez !
Regardez la fille de la nature que ni toilette ni fard ne parent !
Regardez ma Jeannette, regardez !
La santé fleurit sur ses joues ; son œil rit de satisfaction et son cœur parle par sa bouche quand elle me jure son amour.

Jeanne :
Petit monsieur doux et fins, éloignez vous !
Vos talents ici s’étiolent et vos paroles doucereuses sont sans effet ; on ne vous prête aucune attention.
Ni l’or ni la richesse ne peuvent nous éblouir.
C’est un cœur sincère qui nous émeut et tous mes désirs sont exaucés si mon Lucas m’est fidèle.

Lucas :
Les feuille tombent, les fruits se flétrissent, les jours et les années passent, mais mon amour demeure.

Jeanne :
La feuille est plus verte, le fruit est plus doux, le jour est plus clair quand tu me dis ton amour.

Jeanne, Lucas :
Quel bonheur qu’un amour fidèle !
Nos cœurs sont unis, seule la mort peut les séparer.

Lucas :
Chère Jeanne !

Jeanne :
Mon bon Lucas !

Jeanne, Lucas :
Aimer et être aimé est la suprême joie, c’est le bonheur et le prix de la vie.

N°23 Récitatif

Simon :
Maintenant, le champ dénudé ne montre plus que d nombreux importuns qui ont trouvé leur pitance dans les chaumes et en errant continuent à chercher.
Le paysan ne se plaint pas du petit larcin qu’il remarque à peine ; mais il ne souhaite cependant pas être la victime d’un dommage important.
Ce qui le garantit contre cela, il le considère comme un bienfait et il paye volontiers son tribut à la chasse qui réjouit tant ses seigneurs.

N°24 Air

Simon :
Regardez les vastes prairies !
Voyez comme le chien file dans l’herbe !
Sur le sol il cherche la trace et la suit sans relâche.
Maintenant son instinct l’entraine ; il n’obéit plus à l’appel de la voix ; il ne pense qu’au gibier, soudain sa course s’arrête, il est à présent immobile comme une pierre.
Pour éviter l’ennemi proche, l’oiseau craintif s’envole ; mais le vol rapide ne le sauve pas. Un éclaire, une détonation, le plomb l’atteint et, mort, l’abat au sol.

N°25 Récitatif

Lucas :
Ici, un cercle se referme et chasse les lièvres du gite.
Pressés de toutes parts la fuite ne leur est d’aucun secours. Ils tombent déjà et gisent bientôt en ragées joyeusement comptées.

N°26 Chœurs des Paysans et des Chasseurs

Les hommes :
Ecoutez les échos bruyants qui résonnent dans la forêt !

Les femmes :
Quels échos bruyants résonnent dans la forêt !

Tous :
C’est le son éclatant des cors, l’aboiement avide des chiens.

Les hommes :
Le cerf traqué fuit déjà poursuivi par les dogues et les cavaliers.

Tous :
Il fuit, il fuit. Oh, comme il court, poursuivi par les dogues et les cavaliers !
Oh ! Comme il bondit ! Oh ! Comme il court !
Voilà qu’il émerge des halliers et traverse les champs pour s’enfoncer dans les fourrés.

Les hommes :
Il a maintenant dupé les chiens ; dispersés, ils cherchent de tous cotés.

Tous :
Les chiens sont dispersés, ils cherchent de tous cotés.

Les chasseurs :
Taïaut ! Taïaut ! Taïaut !

Les hommes :
L’appel des chasseurs, le son du cor les rassemble à nouveau.

Les chasseurs :
HO ! HO ! Taïaut ! Taïaut !

Les hommes et les femmes :
Avec une ardeur redoublée la meute s’élance sur la trace.

Les chasseurs :
Taïaut ! Taïaut ! Taïaut !

Les femmes :
Rattrapé par ses ennemis, désespéré et à bout de forces, le vif animal git maintenant.

Les hommes :
Le son allègre du cor, le joyeux chant de victoire des chasseurs annoncent la fin prochaine.

Les chasseurs :
Hallali ! Hallali ! Hallali !

Les femmes :
La mort du cerf est annoncée par le son triomphant du cor et le joyeux champ de victoire des chasseurs.

Tous :
Hallali ! Hallali ! Hallali !

N°27 Récitatif

Jeanne :
Sur le cep brille maintenant le clair raisin juteux.
Il appel aimablement le vigneron pour qu’il ne tarde pas à la vendange.

Simon :
Déjà les cuves et les tonneaux sont hissés sur la colline et pour le joyeux ouvrage le peuple réjoui s’élance des maisons.

Jeanne :
Voyez comme la montagne fourmille de gens !
Ecoutez comme leurs accents joyeux résonnent de toutes parts !

Lucas :
Le travail s’accompagne de plaisanteries du matin jusqu’au soir, puis le vin nouveau transforme la gaité en explosion de joie.

N°28 Chœur

Tous :
La ! La ! Le vin est là, les tonneaux sont pleins.
Maintenant soyons joyeux et La ! La ! Lère ! Crions à gorge déployée.

Les hommes :
Buvons !
Frères, buvons !
Soyons joyeux !

Les femmes :
Chantons, chantons tous !
Soyons joyeux !

Tous :
La ! La ! Vive le vin !

Les hommes :
Vive le pays où il murit !
Vive le tonneau qui le conserve !
Vive la cruche d’où il coule !

Tous :
La ! La ! Vive le vin !

Les hommes :
Venez frères, remplissez les pots, videz les coupes !
Soyons joyeux !

Tous :
Oh gai ! Soyons joyeux et La ! La ! La ! Crions à pleine voix !
La ! La ! Vive le vin !

Les femmes :
Voilà que sonnent les fifres et tonnent les tambours. Ici grincent les violons, là ronfle la vielle et retenti la cornemuse.

Les hommes :
Déjà les petits trépignent et les garçons sautillent ; là les filles se jettent dans les bras des garçons pour faire la ronde.

Les femmes :
La ! La ! Hop là, sautons !

Les hommes :
Venez, frères !

Les femmes :
La ! La ! Hop là, sautons !

Les hommes :
Remplissez les pots !

Les femmes :
La ! La ! Hop là, venez danser !
Les hommes :
Videz les coupes !

Tous :
Oh, gai, soyons joyeux ! Etc…

Les hommes :
Jubilez, trépignez, sautez, dansez, riez, chantez !
Vidons maintenant la dernière coupe !

Tous :
Puis chantons tous en chœur, pour honorer le noble jus de la vigne : La ! La ! Hop là, Là !
Vive le vin, le noble vin qui chasse soucis et tourments !
Que ses louanges sonnent haut et clair en milliers de cris de joie !
Oh gai, soyons joyeux !
Et la ! La ! La ! Crions à gorge déployée !

L’hiver

N°29 Les épais brouillards marquant le début de l’hiver

Simon :
Maintenant blafarde l’année décline et de froides nuées s’abattent.
Une vapeur grise enveloppe la montagne pour s’étendre ensuite sur la plaine et même à midi le pale rayon de soleil est absorbé.

Jeanne :
Des grottes de Laponie s’approche maintenant le sombre hiver des tempêtes.
Déjà la nature s’engourdie dans un calme angoissé.

N°30 Cavatine

Jeanne :
Lumière et vie sont affaiblis ; chaleur et joie ont disparu. Aux jours maussades succèdent de longues nuits.

N°31 Récitatif

Lucas :
Le vaste lac est figé, le fleuve est paralysé dans son cours.
Dans l’amoncellement de la roche la cascade est arrêtée et muette.
Dans la forêt dépouillée on n’entend aucun bruit.
Un énorme masse de neige couvre les champs, rempli les vallons.
La terre est à présent un tombeau où la force et le charme sont morts, où règnent de blêmes couleurs et où le regard ne rencontre plus qu’étendues mornes et désolées.

N°32 Air

Lucas :
Ici le voyageur s’arrête, dérouté et hésitant sur la direction qu’il doit prendre.
En vain cherche-t-il sa voie : ni chemin ni trace ne le guide.
C’est en vain qu’il s’obstine et piétine dans la neige profonde ; il ne fait que s’égarer d’avantage.
Son courage à présent l’abandonne et l’effroi glace son cœur, car il voit baisser le jour, la fatigue et le froid paralysant ses membres. Soudain son œil aux aguets aperçoit le scintillement d’une lumière proche.
Il revit alors ; sont cœur bat à tout rompre.
Ilva, il court vers le refuge où transi et épuisé, il espère le réconfort.

N°33 Récitatif

Lucas :
Comme il approche, résonne à son oreille, d’abord effrayée par le vent hurlant, le son vif de voix claires.

Jeanne :
Dans la chaude salle, il voit alors les gens du voisinage réunis en cercle intime pour passer la soirée à de petits travaux et à bavarder.

Simon :
Près du poêle les vieux parlent du temps de leur jeunesse.
Là bas le groupe animé des jeunes tresse les tiges d’osier en corbeilles et en nasse et fait des filets.
Les mères filles la quenouille, les filles tournent le rouet ; une chanson joyeuse et simple stimule leur ardeur.

N°34 Chant avec Chœur

Les femmes et les filles
Ronronne, bourdonne, ronronne !
Bourdonne petit rouet, bourdonne !

Jeanne :
Tourne, petit rouet long et fin, tourne fin un petit fil pour ma gorgette !

Les femmes et les filles
Ronronne, bourdonne, ronronne !
Bourdonne petit rouet, bourdonne !

Jeanne :
Tisserant, tisse doux et fin, tisse la fine voilette que je mettrai à la kermesse.

Les femmes et les filles
Ronronne, bourdonne, ronronne !
Bourdonne petit rouet, bourdonne !

Jeanne :
Blanc dehors et pur dedans doit être le sein de la jeune fille, bien couvert par sa voilette.

Les femmes et les filles
Ronronne, bourdonne, ronronne !
Bourdonne petit rouet, bourdonne !

Jeanne :
Blanc dehors et pur dedans, zèle, piété et sagesse attirent honnête galants.

Le Chœur :
Blanc dehors et pur dedans, zèle, piété et sagesse attirent honnête galants.

N°35 Récitatif

Lucas :
Le lin est filé, les rouets sont enfin immobiles.
Le cercle se resserre, les hommes approchent ; on est attentif à la nouvelle histoire que Jeanne va maintenant conter.

N°36 Chant avec Chœur

Jeanne :
Une jeune fille qui faisait cas de l’honneur fut aimée jadis d’un gentilhomme ; il la convoitait depuis longtemps et la rencontra enfin seule.
Il sauta vite de son cheval et lui dit : Viens, embrasse ton seigneur !
Elle s’écria de peur et d’effroi : Ah ! Ah oui, d tout cœur.

Le Chœur :
Aïe, Aïe, pourquoi n’a-t-elle pas dit non ?

Jeanne :
Rassure toi, dit il, hère enfant et donne moi ton cœur, car mon amour est fidèle, ni frivolité ni plaisanterie.
Je te rendrai heureuse : prends cet argent, cet anneau, cette montre en or !
Et si j’ai encore quelque chose dit le et exige le !

Le Chœur :
Ah, ah, voilà qui est bien parlé !

Jeanne :
Non, dit elle c’est trop risquer, mon frère pourrait nous voir et s’il le disait à mon père qu’adviendrait il de moi ?
Il labour près d’ici.sinon j’accepterai volontiers.
Regardez, de cette colline là vous pouvez voir le laboureur.

Le Chœur :
Oh, oh, qu’est ce que cela signifie ?

Jeanne :
Tandis que le gentilhomme grimpe et regarde, la fille leste s’élance sur son cheval et s’enfuit plus rapide que le vent.
Au revoir cri elle, gracieux seigneur !
Je venge ainsi mon affront.
Comme fixé au sol il la regarde stupéfait.

Le Chœur :
Ah, ah, c’est bien fait

N°37 Récitatif

Simon :
Venant de l’est aride monte un souffle glacé.
Cinglant, il traverse les airs, il chasse toute vapeur et même l’haleine des bêtes.
Du tyran rigoureux, de l’hiver la victoire est complète et une muette terreur oppresse toute l’étendue de la nature.

N°38 Air et récitatif

Simon :
Regarde ici, homme insensé, regarde, c’est le miroir de ta vie.
Ton court printemps est flétri, la force de ton été est épuisée.
Déjà se fane l’automne de ton âge ; déjà s’approche le pâle hiver et le tombeau ouvert apparait.
Où sont ils donc les projets ambitieux ; les espoirs de bonheur, la quête d’une vaine gloire, le lourd fardeau des soucis.
Où sont-ils donc les jours d’ivresse dissipés dans les voluptés ?
Et les joyeuses nuits de veille et de tumulte ?
Ils ont disparus comme dans un rêve, seule reste la vertu.
Elle reste seule et nous conduit inflexiblement par les saisons et les années, par les peines et les joies vers l’idéal le plus haut.

N°39 Trio et double Chœur

Simon :
Enfin le grand matin va poindre !
La deuxième parole du tout puissant nous appelle pour une nouvelle existence, libérée à jamais du tourment et de la mort.

Lucas, Simon :
Les portes du ciel s’ouvrent, la montagne sacrée apparait, couronnée du divin tabernacle où trônent le repos et la paix.

Chœur :
Qui peut franchir la porte ?

Jeanne, Lucas, Simon :
Celui qui rejeta le mal et fit le bien.

Chœur :
Qui peut gravir la montagne ?

Jeanne, Lucas, Simon :
Celui dont les lèvres disent la vérité !

Chœur :
Qui peut habiter le tabernacle ?

Jeanne, Lucas, Simon :
Celui qui secouru les pauvres et les opprimés.

Chœur :
Qui jouira là haut de la paix ?

Jeanne, Lucas, Simon :
Celui qui protégea l’innocence.

Chœur :
Voyez ! Le grand jour approche.
Voyez ! Il brille déjà.
Les portes du ciel s’ouvrent ; la montagne sacrée apparait.
Ils sont passés, ils sont loin, les jours de souffrance, les orages de la vie.
Un printemps éternel règne et une infinie béatitude sera la récompense des justes.

Jeanne, Lucas, Simon :
Qu’elle soit aussi notre récompense ! Agissons ! Travaillons !

Chœur :
Luttons, espérons, pour y parvenir. Que ta main nous conduise Seigneur !
Donne-nous la force et la ferveur ; nous vaincrons alors et parviendrons jusqu'à ton royaume de lumière.
Amen
Concertgebouw le 24 janvier : Die Jahreszeiten, Joseph Haydn avec le Nederlands Kamorkest.
Je vous invite à aller voir cette œuvre sans comparaison avec les 4 saisons de Vivaldi. Ici la Nature est présente, mais plus en corrélation avec la vie, l’activité des paysans. Plus en tan que mère, offrant à ses enfants les fruits qui vont les nourrir. Le cycle des saisons permet d’avancer sur le chemin de la vie et à la fin de celle-ci de rejoindre le grand créateur. Une allégorie pleine de saveur. Merci

Bonne écoute !